CAN 2025: «Le TAS offre plus de garanties en neutralité et en indépendance»

Michel Brizoua-Bi, avocat ivoirien et ancien président de la Commission de gouvernance de la CAF et arbitre au Tribunal arbitral du sport (TAS), était l’invité de Mondial Sports ce samedi pour revenir sur le retrait de la victoire du Sénégal par le jury d’appel de la Confédération africaine de football et l’attribution du trophée de la CAN au Maroc.
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Déchue de son titre de championne d’Afrique sur tapis vert par la Confédération africaine de football (CAF) au profit du Maroc, la Fédération sénégalaise a décidé de saisir le TAS pour contester cette décision. Pour comprendre le fonctionnement de la plus haute juridiction en matière de justice sportive, maître Michel Brizoua-Bi, membre du TAS depuis 2003, est venu apporter sa parole d’expert.
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RFI : Pouvez-vous nous expliquer comment fonctionne le Tribunal arbitral du sport situé à Lausanne en Suisse ?
Maître Michel Brizoua-Bi : C’est une juridiction arbitrale, lorsqu’on se retrouve devant le TAS, les parties en présence ont la capacité de choisir parmi une liste ceux qui vont devoir trancher un différend qui les oppose. Donc le TAS offre plus de garanties à la fois en neutralité et en indépendance pour pouvoir trancher les litiges qui deviennent de plus en plus complexes. Cette institution vient à point nommé pour pouvoir départager des parties sur un dossier aussi sensible que la procédure d’appel lancée par la Fédération sénégalaise pour contester la décision de la CAF.
Qui tranche exactement dans ce genre de dossier ?
Il y a trois personnes, chacune des parties doit choisir un arbitre et le TAS sélectionne un président pour présider le dossier.
Comment voyez-vous le dossier de la finale de la dernière CAN ?
Malheureusement, je ne pourrais pas vous donner un avis parce que la décision rendue n’est pas encore disponible. Vous n’avez que le dispositif. Je pense qu’il faut laisser aux arbitres le soin d’effectuer leur travail lorsqu’ils seront saisis.
Si on redonne le trophée au Sénégal, est-ce qu’on ne risque pas de créer un précédent et d’encourager peut-être d’autres équipes à quitter le terrain en cours de rencontre pour protester contre une décision arbitrale ?
Quand on essaie de planter ce décor sur les avantages ou les inconvénients de telle ou telle décision, on commence déjà à prendre parti. Il faut laisser cette institution prendre la meilleure décision. Mais cette affaire ne fait pas honneur au football.
Quoi qu’il arrive, le mal est fait pour l’image du football africain ?
La compétition souffre d’une terrible image désormais. Il y a eu une première décision rendue par un jury. Deux mois après, une autre décision vient se prononcer. Dans un sens, je pense qu’en matière de justice, le temps est important. Je ne sais pas ce qui a pu contraindre la CAF à attendre deux mois avant de se prononcer. Je ne sais pas pourquoi tous les membres de ce jury d’appel n’ont pas été invités à participer à cette session. Je crois que l’importance de ce dossier devait commander la présence, sauf indisponibilité prouvée, de tous les membres pour pouvoir rendre la meilleure décision possible. Je crains qu’une image avec une tache indélébile entache le football africain. J’espère que les différents responsables de cette institution sauront tirer les conséquences afin que la crédibilité de cette institution et du football africain puisse être retrouvée.



