CAN 2025: le Maroc attend depuis si longtemps de revenir au sommet de l'Afrique

Le Maroc va disputer la troisième finale de Coupe d’Afrique des nations de son histoire ce dimanche 18 janvier face au Sénégal. Un objectif majeur pour le football marocain, qui n’a soulevé qu’une seule fois le trophée… il y a 50 ans. Tout le royaume espère mettre fin à une attente bien trop longue et parsemée de tant de déceptions.

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De notre envoyé spécial à Rabat,

Ce dimanche, les encouragements, les « Dima Maghrib » (« Maroc pour toujours ») et les espoirs vont une nouvelle fois tomber des tribunes du stade du prince Moulay Abdellah de Rabat, antre de l’équipe nationale du Maroc dans cette CAN 2025. Les Lions de l’Atlas y ont joué tous leurs matches du tournoi, avec un bilan de cinq victoires et un match nul. Reste la septième et dernière rencontre, la plus importante, « la plus difficile » selon le sélectionneur Walid Regragui : la finale face au Sénégal.

Cela faisait 22 ans que le Maroc ne s’était plus retrouvé à un tel niveau. Lors de la CAN 2004, les Marocains, dirigés à l’époque par Badou Zaki, s’étaient inclinés (1-2) face à la Tunisie, qui évoluait chez elle à Tunis. À l’époque, sur le flanc droit de la défense marocaine, on retrouvait un certain… Walid Regragui.

Cette finale perdue, l’entraîneur marocain l’a évoquée samedi. Proche de ses joueurs, il parle beaucoup avec eux et leur partage son « expérience de joueur ». « Aujourd’hui, j’ai 50 ans, et je suis sur le banc. Je leur ai dit qu’ils ne voulaient pas attendre d’avoir 50 ans et d’être sur le banc pour revivre une finale. Je leur ai dit :  »Ne répétez pas la même erreur. » »

L’après-2004 a été fort compliqué pour le Maroc : sur les dix éditions jouées entre 2006 à 2024, les Lions de l’Atlas ont échoué à se qualifier une fois, ont été disqualifiés une fois, ont été éliminés dès le premier tour quatre fois… Leurs meilleurs résultats ? Deux qualifications pour les quarts de finale, en 2017 et 2022.

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« À un match d’écrire l’histoire »

L’époque de l’unique sacre marocain en CAN est encore plus lointaine. C’était en 1976, en Éthiopie, dans un format révolu : les Marocains étaient sortis en tête d’une phase de poule, puis avaient à nouveau pris la première place d’une poule finale devant la Guinée, le Nigeria et l’Égypte. Qui aurait cru que, 50 ans après, on chercherait encore des successeurs à Ahmed Faras, Mohammed Hazzaz et aux autres héros de cette épopée ?

Les Lions Atlas actuels n’ignorent rien de l’attente qui pèse sur leurs épaules. « Ça fait longtemps qu’on attend ce moment », « on sait notre responsabilité », « c’est une CAN spéciale pour tous les Marocains », avait concédé le capitaine Achraf Hakimi à la veille du match d’ouverture. « On est à un match d’écrire l’histoire » et « on sait que c’est important pour le pays, pour le peuple », a observé Elyes Ben Seghir à la veille de la finale. Du haut de ses 20 ans, le milieu offensif du Bayer Leverkusen a un peu plus saisi le poids de l’attente et des espoirs quand il a vu « les anciens de la sélection pleurer après la qualification en finale ».

« Jouer une finale à domicile, c’est le rêve de n’importe quel joueur et entraîneur », a reconnu Walid Regragui. Mais justement, le coach veut démystifier cette quête de sacre qui pourrait faire déjouer ses troupes. À un journaliste qui lui demandait si c’était « maintenant ou jamais » pour le Maroc, le technicien a rétorqué : « Si on fait cette erreur, on ne gagnera pas. » Pour l’ambitieux Regragui, « ça ne s’arrête pas à dimanche, qu’on gagne ou qu’on perde ». Lui veut faire du Maroc une nation capable d’aller loin, très loin. La demi-finale du Mondial 2022 n’était qu’un commencement, et la finale de dimanche qu’une étape : « Il faudra repartir au charbon dès lundi pour gagner une autre CAN et avoir une troisième étoile. C’est comme ça qu’il faut penser. »

Bien entendu, pour le coach, « l’objectif est de gagner, de faire plaisir au public qui le mérite ». « On espère être à la hauteur pour rentrer dans l’histoire et rendre heureux nos supporters », a assuré Walid Regragui. Le royaume observe et espère aussi, prêt à s’enflammer.

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