CAN 2025: «Ils mettent des coups, tombent, simulent»… la Côte d'Ivoire a perdu à l'expérience

La Côte d’Ivoire a souffert de son inexpérience, samedi 10 janvier, contre l’Égypte en quarts de finale de la CAN. La défaite 2-3 a souligné la jeunesse d’un groupe qui s’est heurté à des Pharaons capables de punir la moindre erreur. De quoi faire grandir des Éléphants au groupe encore très jeune.

Publié le : Modifié le :



4 min Temps de lecture

De notre envoyé spécial à Agadir,

Après une défaite dans un match à enjeu, certains restent lucides, d’autres laissent parler la frustration. Émerse Faé a sûrement fait un peu des deux après que ses hommes sont tombés face à l’Égypte. Le sélectionneur de la Côte d’Ivoire, qui avait déjà été dégoûté par cette équipe égyptienne en tant que joueur en finale de la CAN en 2006 puis en demi-finales en 2008, a l’impression d’avoir vécu encore une fois le même cauchemar. 

À lire aussiCAN 2025: la Côte d’Ivoire, éliminée et frustrée par l’Égypte, ne verra pas les demies

« Je pense que ce qui nous a fait mal, ce sont ces erreurs à des moments charnière, a tenté d’analyser Faé, Vous savez qu’ils aiment les cadeaux, dès que vous leur faites un cadeau, ils punissent. » L’ouverture du score d’Omar Marmoush après une erreur défensive d’Odilon Kossounou a effectivement mis les Égyptiens sur orbite dès la 4e minute de jeu. Et le but du 3-1, inscrit au retour des vestiaires, alors que les Ivoiriens venaient de réduire l’écart à 2-1 avant la pause et que le public du stade Adrar, majoritairement derrière les Éléphants, sentait le vent tourner, a eu l’effet d’un coup de massue.

Le genre de coup de pouce et de timings dont, historiquement, les Pharaons ont toujours su tirer parti. Demandez donc à Faé qui a vu, en 2008, Salomon Kalou dévier la frappe d’Ahmed Fati dans son propre but dans le premier quart d’heure du match. Après ça, bon courage pour leur courir après. « On les connaît. Depuis la nuit des temps, l’Égypte ça a toujours été comme ça, pleurnicher, simuler… Ils ont l’expérience, ils le font bien, s’est agacé le sélectionneur. Si les arbitres tombent dans leur jeu, on ne peut pas maîtriser ça. Ce qui est frustrant, c’est qu’on savait que cette équipe n’allait pas jouer, qu’ils allaient attendre, mettre des coups, tomber, simuler… »

« On va se servir de ce genre de match pour grandir en tant que joueurs »

Le staff ivoirien a eu beau prévenir son groupe, aucun entraînement ne prépare à jouer contre des adversaires qui maîtrisent l’art de vous faire sortir de votre match. Emmanuel Agbadou, qui a assisté impuissant à la défaite des siens depuis le banc, a vu ses camarades se frustrer au fil du match. « Ils ont joué avec beaucoup d’expérience. On est un groupe de jeunes et on va se servir de ce genre de match pour grandir en tant que joueurs », a tout de même relevé le défenseur de Wolverhampton. À noter que dans le onze de départ ivoirien figuraient cinq joueurs de 24 ans ou moins (Diomandé, Doué, Diallo, Inao, Guessand). En face, seul Hossam Abdelmaguid affichait 24 ans au compteur, tous ses partenaires ayant 26 ans ou (beaucoup) plus.

À lire aussiCAN 2025: le Nigeria écœure l’Algérie et rejoint le Maroc en demi-finales

Évidemment, tout n’est pas à jeter. Les gamins de la sélection, qui ont pour la plupart livré une belle copie, ont disputé 90 minutes qui en valent 1 000. Une sacrée dose de vécu en une seule injection qui peut faire mal, en témoignent les larmes de Christ Inao, effondré sur la pelouse après le coup de sifflet final. Faé a forcément pensé à sa jeune pousse de 19 ans quand il a évoqué son « bon groupe, jeune », avec lequel il va « continuer à travailler et préparer la Coupe du monde »Soulignant également la « solidarité avec des jeunes qui se sont bien adaptés, qui ont encore un bel avenir. »

Et puis, cette histoire de bête noire égyptienne, il faudra bien que quelqu’un en vienne à bout. Ce sera peut-être la génération d’Inao qui gardera longtemps en mémoire cette défaite. Tout comme Amad Diallo resté de longues minutes le visage enfoui dans son maillot. Reste à savoir s’ils se retrouveront dans quelques années, comme Faé, en conférence de presse à ressasser contre les Pharaons après une énième défaite. Ou s’ils pourront prendre leur revanche au nom de plusieurs générations d’internationaux. Une chose est sûre, « un jour, ça va prendre fin », a fini par lâcher Frank Kessié dans un demi-sourire.

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to top
Close