CAN 2025: avec le nul contre la Côte d'Ivoire, le Cameroun a-t-il changé de statut?

Le Cameroun a tenu tête à la Côte d’Ivoire dimanche à Marrakech (1-1) et se retrouve à partager la tête du groupe avec les Éléphants. Un résultat qui aurait tenu du miracle si on l’avait présenté début décembre, avec une sélection en pleine tourmente. Mais les Lions rugissent plus fort qu’attendu.
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Certains regardent leurs baskets, d’autres filent tout droit vers le bus avec les écouteurs vissés aux oreilles. Pour une partie des Camerounais, la sortie des vestiaires après le match nul contre la Côte d’Ivoire ressemble à celle d’un soir de défaite. Pourtant, avec une équipe aussi jeune, inexpérimentée et en construction, tenir tête aux Éléphants champions en titre a des allures de victoires en soi.
Et pourtant, un peu de frustration pointe. Notamment chez Che Malone, « pas trop satisfait car on a perdu beaucoup de ballons ». Et chez quelques-uns de ses coéquipiers aussi, qui, malgré une partie équilibrée où les deux équipes ont eu plusieurs grosses occasions, se repassent le film de la dernière opportunité. Lorsque Bryan Mbeumo s’est présenté face à Yahia Fofana dans le temps additionnel après un contre, et qu’Odilon Kossounou a signé un retour terrible pour tacler et contrer la frappe du Camerounais qui aurait bien pu faire but.
« On ne va pas s’enflammer, on est une jeune équipe »
De là à penser que les Lions méritaient la victoire ? Pas tout à fait non plus. Mais si le match nul déçoit, c’est parce que les Camerounais ont bien compris que malgré les turbulences pré-CAN, le niveau qu’ils ont été capables de présenter est surprenant. « On ne va pas s’enflammer, on est une jeune équipe, tempère le milieu de Arthur Avom, lui même âgé de 21 ans, entré en cours de match. On essaye de former une famille. Les ambitions du collectif c’est de prendre match après match. » Mais tout de même, la confrontation des Éléphants a prouvé qu’il ne faut jamais vendre la peau du Lion avant de l’avoir tué.
Nouhou Tolo, lui, a assez d’expérience pour savoir qu’aller chercher un point contre les hommes d’Emerse Faé n’a rien d’anodin « On a montré du caractère avec une équipe nouvellement remaniée, a-t-il apprécié. (…) L’équipe a progressé. On a fait face à la Côte d’Ivoire qui a de nombreux joueurs d’expérience au haut niveau. Je suis très content. » Aussi content que David Pagou ? Peut-être pas.
Si elle peut tenir tête à la Côte d’Ivoire
Le technicien a gagné un nouveau pari à Marrakech, celui de montrer qu’il est capable de mettre sur pied une équipe, une vraie. Qui utilise ses forces et qui travaille collectivement pour palier ses faiblesses. Le successeur de Marc Brys se trouve sur un petit nuage et a même avoué qu’il ne se projettera sur le match contre le Mozambique qu’après-demain, soit mardi. Autre pari gagné : exit les questions sur Samuel Et’o, André Onana ou encore le ministère des Sports camerounais. « Autour de l’équipe, les ondes sont positives »
« On a tenu tête à la Côte d’Ivoire, championne en titre, a rappelé Pagou. On a défié cette équipe-là, on peut se situer au même niveau, même si je n’ai pas envie de le dire, pas envie de le croire. » La Côte d’Ivoire est championne, une équipe qui tient tête au champion peut tenir tête à tout le monde, non ? Mais évidemment, le football n’est pas une affaire d’arithmétique.
En revanche, le sélectionneur des Lions reste dans le calcul. Pour ne pas s’enflammer, il préfère parler de la Côte d’Ivoire comme d’une équipe « bien partie pour challenger les autres et peut-être remporter encore ce trophée. » Et de la sienne comme une équipe en construction. Mais elle est désormais un peu plus que ça. Bien malin qui peut prédire l’avenir de cette sélection.



