Cameroun: une liste d’agents publics supposés absents du pays agace dans l'Enseignement supérieur

Au Cameroun, une liste fait grincer quelques dents. Elle est en circulation sur les réseaux sociaux depuis fin janvier, avec 1 033 noms d’agents du ministère de l’Enseignement supérieur. Des agents pour lesquels un autre ministère, celui des Finances demande des preuves de présence, sous peine de suspendre leurs salaires.

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Ce fut une bien désagréable surprise pour le professeur Serge Hubert Togouet Zebaze, lorsque cet hydrobiologiste, représentant du Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) du Cameroun, a découvert son nom dans cette liste. « J’ai fait soutenir trois thèses de doctorat à l’université de Yaoundé 1 en 2025, affirme-t-il, au micro d’Amélie Tulet. Comment l’aurais-je fait en étant absent ? Il y a de nombreux enseignants sur cette liste qui ont une notoriété scientifique et internationale. Comment voulez-vous que nos partenaires perçoivent cette liste quand ils nous regardent ? »

Selon une note interministérielle, le ministère des Finances a entrepris fin 2025 une collecte de données au niveau des aéroports sur les sorties de citoyens ces cinq dernières années. Il en ressortirait que, toutes administrations confondues, près de 11 000 agents publics sont payés alors qu’ils ne résident plus au Cameroun.

Le ministère des Finances reconnaît un manque de pédagogie

S’il est d’accord pour assainir les finances, mais rien ne va dans la méthode, selon le Professeur Zebaze, qui voyage régulièrement pour son travail. « Le syndicat a été très favorable à ce que le gouvernement purge tous ses fonctionnaires qui, ayant leur matricule, se permettent de disparaître et d’aller exercer ailleurs alors que de jeunes docteurs formés n’ont pas de poste, lance-t-il. Malheureusement, la liste qui a été produite est une injure parce qu’il n’est pas normal que des collègues en poste comme moi-même figurent sur cette liste alors que de nombreux autres, dont tout le monde sait qu’ils ne sont pas là, ne figurent pas sur cette liste ».

Au ministère des Finances, on reconnaît un manque de pédagogie. Cette liste de travail, dit-on à RFI, n’aurait pas dû être publiée. Toutes les administrations sont concernées. Et la collecte au niveau des aéroports ne serait qu’un outil parmi d’autres pour identifier les agents payés par l’État sans être en poste.

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