Cameroun: l'opposition monte au créneau contre l'instauration du poste de vice-président et les modifications du code électoral

Au Cameroun, après la révision de la Constitution samedi dernier instaurant un poste de vice-président, les sénateurs ont validé ce mardi 7 avril la loi modifiant le code électoral. Parmi les mesures, il y a la levée de la limitation à 18 mois de la prorogation des mandats des conseillers municipaux. Leur mandat peut donc être indéfiniment prolongé par décret présidentiel. Les législatives ont déjà été repoussées à 2027. Des partis d’opposition tentent des initiatives pour dénoncer ces évolutions.

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Sur sa page Facebook, l’ancien ministre candidat à la présidentielle d’octobre, Issa Tchiroma Bakary, a publié hier mardi une lettre adressée à la diaspora. Aux Camerounais vivant à l’étranger, celui qui vit depuis novembre en exil en Gambie déclare : « Vous avez le devoir de vous mobiliser de façon conjuguée et de travailler en synergie » dénonçant des « manoeuvres anti-démocratiques » et des « modifications de la Constitution taillées sur mesure pour plaire » à Paul Biya.

Maurice Kamto, le président du parti d’opposition du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) a lancé une pétition citoyenne en ligne contre ce qu’il appelle « le coup d’État constitutionnel et institutionnel en cours au Cameroun », ces initiatives sont dénigrées par le camp présidentiel.

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Ceux qui critiquent l’instauration d’une vice-présidence, Patrick Rifoe, communicant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais RDPC, les qualifient de « tenants du ministère de la parole inefficace » ou encore de « hibous lugubres », il assure que leurs appels ne seront pas suivis : « Une large majorité de Camerounais considère qu’il n’y a pas de surprise à ce que le Parlement ait voté une loi instituant une succession constitutionnelle permettant à un vice-président de terminer le mandat. Il n’a échappé à personne que le président lui-même a accédé au pouvoir en ayant été le dauphin constitutionnel du président Ahidjo. Donc, il n’y a pas de surprise à ce qu’on revienne, moyennant un petit ajustement constitutionnel, à la situation qui a prévalu entre 1978 et 1982. »

« Les Camerounais ne comprennent pas que le président puisse désigner son remplaçant »

Cet argument est balayé par Me Emmanuel Simh vice-président du parti d’opposition de Maurice Kamto, le MRC. « S’il est prétendu que les Camerounais en sont très contents, le seul moyen de le vérifier, c’était de faire passer la réforme par voie référendaire. Les Camerounais ne comprennent pas que le président de la République demain puisse désigner son remplaçant, qui pourrait être président pendant le reste de son mandat sans que ce soit une personnalité élue. Seuls les gens du RDPC peuvent dire des choses pareilles, mais je pense qu’eux-mêmes n’y croient pas. »

Il n’y a aucun appel à une mobilisation publique, dans un contexte où les manifestations de l’opposition sont systématiquement interdites et réprimées, précise Me Simh. Au sein de la société civile, des concertations sont en cours.

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