Cameroun: le Groupement des entreprises réclame un gouvernement «d'action» pour «restaurer la confiance»

Le temps passe et toujours pas de fumée blanche au Cameroun concernant le remaniement. Et le Gecam appelle le président Biya à former un gouvernement « de rupture ». Pour l’organisation patronale, il faut – et rapidement – un gouvernement « resserré », un gouvernement « d’action » pour « restaurer la confiance ».

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Sans visibilité, pas de confiance. Sans confiance, pas d’investissement. C’est ce que redit le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam) dans un texte relayé ce mardi matin par plusieurs journaux camerounais. L’organisation patronale de Célestin Tawamba souligne que les séquelles des tensions de la présidentielle du 12 octobre 2025 se font toujours sentir et que « l’incertitude prolongée » pèse sur les entrepreneurs et sur la consommation des ménages.

Le Gecam plaide donc pour une nouvelle équipe à taille réduite et tournée vers l’action. Selon le Gecam, « seule une gouvernance claire et résolument orientée vers le bien-être des Camerounais pourra restaurer la confiance, stimuler l’investissement et bâtir une croissance durable et inclusive ».

L’organisation patronale défend l’idée d’un secteur privé moteur de la création d’emplois et de richesses mais empêché par la lourdeur administrative, la pression fiscale, les problèmes d’accès à l’énergie et la dégradation des infrastructures, à commencer par le réseau routier.

Le secteur privé, qui a perdu ses cadres de dialogue avec l’administration comme le Cameroon Business Forum (pas organisé depuis 2020), interpelle donc l’exécutif par voie de presse sur la nécessité d’un gouvernement prêt à mener des réformes avec courage.

« La représentativité du Gecam est contestable »

Côté autorités, la méthode déplaît. « Un peu d’humilité » car « c’est vis-à-vis du peuple que le président est responsable, pas vis-à-vis du Gecam dont la représentativité est contestable », rétorque une source proche du gouvernement

Quant à la lisibilité, cette source renvoie au budget 2026, voté, et désormais mis en œuvre.

Mais plusieurs économistes camerounais notent que la nouvelle loi de finances prend très peu en compte le secteur privé et que ce dernier a perdu tous les cadres de concertation qu’il avait auparavant avec les autorités. Louis-Marie Kakdeu résume ainsi l’état de la politique économique des autorités : « On ne crée pas de richesses, on s’endette pour vivre et les entreprises suffoquent. »

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Le 31 décembre 2025, dans son message à la Nation pour la nouvelle année, Paul Biya a parlé lui-même d’« un nouveau gouvernement » à venir « dans les prochains jours », sans donner de date butoir. C’était d’ailleurs, la première fois en 43 ans que le président camerounais annonçait l’avènement d’un remaniement ministériel. Le gouvernement de Joseph Dion Ngute est en place depuis fin 2019 sans changement, malgré des décès et des démissions.

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