Cameroun: l’avocat de 12 Africains expulsés des États-Unis affirme être empêché de les rencontrer

L’avocat de 12 Africains expulsés par les États-Unis vers le Cameroun affirme subir des entraves à la rencontre de ses clients, depuis deux semaines. « Non seulement ils sont traumatisés mais ils sont maintenant frustrés par le fait qu’ils sont emprisonnés sans la moindre chance de savoir comment leur situation va évoluer », assure Maître Joseph Fru Awah.
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L’avocat des 12 ressortissants africains sur les 15 expulsés par les États-Unis au Cameroun affirme être empêché d’accéder à ses clients depuis deux semaines. Selon lui, 15 personnes sont encore détenues en ce moment dans une concession surveillée en banlieue de Yaoundé, depuis leur arrivée dans le pays, mi-janvier pour un premier groupe, mi-février pour un second.
Parmi les huit derniers arrivés, des Sénégalais, des Sierra Léonais et des Éthiopiens, après des Angolais, des Congolais, des Ghanéens, des Marocains et des Zimbabwéens.
Le 17 février, leur avocat a été arrêté quelques heures. Depuis, il n’a pas été autorisé à les revoir pour assurer leur défense, et notamment demander leur protection en raison des risques, s’ils sont expulsés dans leur pays d’origine.
« Le Cameroun, maintenant, a l’obligation de les protéger »
Une situation qui met très en colère Maitre Joseph Fru Awah. « Je dois les voir de façon journalière, souligne-t-il au micro de Lisa Villy. Mais depuis cette arrestation, on m’a barré l’accès pour les voir. On m’a demandé de passer à l’OIM [Organisation internationale pour les migrations, NDLR], une agence des Nations unies, avant d’aller consulter ces clients. Est-ce que ça se fait ? Vous vous imaginez ces gens qui sont traumatisés ? Non seulement ils sont arrivés contre leur gré [au Cameroun, NDLR] et malgré ce choc, ils arrivent à avoir un avocat. Or, après avoir eu l’occasion de leur parler, de les conseiller, de leur remonter le moral, subitement, on coupe les liens ? »
Il poursuit : « Qu’est-ce qui se passe avec eux, maintenant, psychologiquement ? Non seulement ils sont traumatisés, mais ils sont maintenant frustrés par le fait qu’ils sont emprisonnés sans la moindre chance de savoir comment la situation va évoluer. »
Maître Joseph Fru Awah conclut : « Dans leur pays natal, ils peuvent être tués et c’est pour cela que les États-Unis ont carrément refusé de les renvoyer chez eux directement. Le Cameroun, maintenant, a l’obligation de les protéger. C’est ça la position du droit international. »
Demandes d’asile
Maître Joseph Fru Awah, avocat de ces 12 ressortissants africains expulsés des États-Unis, qui assure être en train de travailler avec les agences de l’ONU pour entamer les procédures de demande d’asile, l’OIM et le HCR qui selon lui attendent l’accord des autorités camerounaises.
Contactées sur le sujet, les autorités camerounaises n’ont pas encore donné suite à nos sollicitations.
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Le Cameroun s’est ajouté à une liste des pays africains acceptant d’accueillir des ressortissants de pays tiers expulsés par l’administration du président américain Donald Trump, après le Ghana, l’Eswatini, le Rwanda, la Guinée équatoriale et le Soudan du Sud.
Depuis son retour à la Maison Blanche début 2025, Donald Trump a lancé une vaste campagne d’expulsions, notamment en négociant des accords controversés pour renvoyer, contre contreparties financières, des étrangers vers des pays tiers, arguant que certains Etats refusent d’accueillir leurs ressortissants expulsés.



