Cameroun: bras de fer autour des opérateurs chargés du scanning au port de Douala

Au Cameroun, c’est un nouveau feuilleton à rebondissements, commencé fin 2025 : celui du scanning au port autonome de Douala. Le scanning concerne l’inspection par scanner des conteneurs entrant et sortant du port pour en vérifier le contenu pour des questions de conformité avec ce qui est déclaré. Mais aussi pour des questions de sécurité nationale puisqu’il s’agit d’une frontière. Le bras de fer concerne l’opérateur ou les opérateurs chargés de cette mission importante.
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Pour beaucoup d’observateurs au Cameroun, c’est un bras de fer « symptomatique » d’une gouvernance en crise. L’enjeu, en partie, est la manne financière générée par ces contrôles facturés aux opérateurs pour passer la douane. Sur la table, deux concurrents : SGS, société qui avait jusqu’à fin 2025 le monopole au terminal à conteneurs. Et depuis peu, Transatlantic, préférée par la direction du port, car présentée comme plus efficace et plus sûre
Qui doit partir ? Qui doit rester ? Sans laisser le conseil d’administration du port arbitrer, ordres et contre-ordres viennent de l’exécutif. L’affaire monte jusqu’à la présidence. Le patronat a lancé la semaine dernière un ultimatum et dénonce une situation « inédite et inacceptable » de double facturation.
Finalement, ce lundi 16 février, le directeur général du port s’est soumis aux directives du chef du gouvernement et a écrit à Transatlantic qui doit « jusqu’à nouvel ordre » cohabiter avec SGS sur des périmètres de contrôle distincts. L’économiste Louis-Marie Kakdeu, membre du parti d’opposition SDF, parle d’une décision hors de toute « rationalité économique et de l’orthodoxie règlementaire ». L’économiste Serge Godong parle de son côté du constat tragique d’un État sans cohésion.


