Cacao: le Ghana réduit le prix à la production pour tenter de surmonter la crise du secteur

Le Ghana, deuxième producteur mondial de cacao derrière la Côte d’Ivoire, a annoncé le 12 février 2026 une série de réformes d’urgence dans le secteur du cacao, dont une baisse du prix à la production, afin de stabiliser sa filière en crise.

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Avec notre correspondant à Accra, Victor Cariou

Au Ghana, comment sortir de la crise financière qui affecte la filière cacao ? C’est à cette question qu’a répondu le 12 février le ministre des Finances. Cassiel Ato Forson a annoncé une série de réformes importantes pour faire face, notamment, à la chute drastique du prix du cacao sur les places financières mondiales, l’une des principales causes des retards importants dans le paiement des cacaoculteurs ghanéens depuis plusieurs mois, selon lui.

Parmi les mesures annoncées, une baisse immédiate et drastique du prix producteur, mais également une refonte complète du système de financement.

Quarante-un cedis le kilo, soit un peu moins de 4 dollars au cours actuel : c’est ainsi le nouveau prix auquel le régulateur ghanéen achètera la production des cacaoculteurs. Une baisse de près de 30 % en cedis par rapport au prix annoncé en octobre 2025.

« Le cacao ghanéen est devenu peu compétitif et très cher »

Cinq mois plus tard, les cours mondiaux ont, eux, chuté : il était donc nécessaire d’ajuster le prix; selon Cassiel Ato Forson, ministre des Finances du Ghana : « La situation actuelle est largement due à la réticence des acheteurs à acheter le cacao ghanéen, car celui-ci est devenu peu compétitif et très cher. »

Traditionnellement annoncé à l’année, le prix producteur sera lui, dès la prochaine saison, ajustable « automatiquement » pour mieux s’adapter à l’évolution du marché.

Une mesure qui fait partie d’une nouvelle proposition de loi, qui prône également l’abandon du système actuel de préfinancement de la production par les acheteurs. « Le nouveau modèle de financement utilisera des obligations nationales sur le cacao, détaille Cassiel Ato Forson. Les obligations serviront à constituer un fonds renouvelable que le Cocobod [l’Office ghanéen du cacao dont la mission est de « de faciliter la production, la transformation et la commercialisation de cacao, de café et de noix de karité », NDLR] pourra utiliser au moins une fois par saison ».

Le ministre des Finances a également annoncé que, dès la prochaine saison, un minimum de 50 % de la production totale devra être transformée localement.

Un audit de l’Office ghanéen du cacao

Largement endetté, le régulateur du cacao ghanéen fera, lui, l’objet d’un audit et d’une enquête pénale sur ses activités lors des huit dernières années.

À écouter aussiÉco d’ici, éco d’ailleurs – Crise du cacao en Côte d’Ivoire : un modèle en questions

Le cacao est la troisième source de revenus à l’exportation du Ghana après l’or et le pétrole.

Les prix internationaux du cacao ont chuté, passant de 12 500 dollars à tonne en décembre 2024 à 7 000 dollars en octobre 2025.

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