Bénin: l'ex-président Thomas Boni Yayi quitte la tête du parti d'opposition Les Démocrates

Au Bénin, l’ancien chef d’État et opposant, Thomas Boni Yayi, se retire de ses fonctions à la tête des Démocrates et cesse ses activités politiques au sein de cette formation. Il l’a annoncé dans un courrier adressé au parti. Thomas Boni Yayi explique sa décision par « des raisons de santé », il indique qu’il veut pouvoir pleinement consacrer cette nouvelle étape de sa vie « au repos ». La direction des Démocrates, qui est le principal parti d’opposition au Bénin, est confiée aux vice-présidents et aux instances dirigeantes jusqu’au prochain congrès.

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Avec notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan

L’ancien chef de l’État a annoncé son retrait de la direction des Démocrates, le principal parti d’opposition dont il avait pris les rênes en octobre 2023 à Parakou.

Invoquant des « raisons de santé » dans un courrier adressé aux instances du parti, l’ex-président met ainsi fin à un engagement politique marqué par des tensions avec son successeur à la tête du Bénin, Patrice Talon, et à un bras de fer permanent entre son camp et le pouvoir en place.

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Un départ qui intervient dans un contexte difficile pour les Démocrates : le parti n’a décroché aucun siège lors des législatives du 11 janvier et sera absent de la prochaine présidentielle du 12 avril 2026, après le rejet du dossier de son candidat pour non-conformité.

Le président démissionnaire Boni Yayi a fait déposer un courrier ce mercredi matin au siège des Démocrates. Le document, désormais enregistré au secrétariat, est adressé aux militants et aux hauts responsables du parti. Sur les raisons de ce départ, l’homme de 73 ans exprime aussi le souhait de consacrer cette nouvelle étape de sa vie au repos.

Cette décision était évoquée depuis janvier, au lendemain du rejet de la candidature de Maître Renaud Agbodjo pour représenter Les Démocrates à l’élection présidentielle.

Boni Yayi, pour la première fois, avait essuyé des critiques en interne. Plusieurs avaient remis en cause ses trois ans à la tête du parti, une formation n’ayant obtenu aucun élu aux législatives, et dont beaucoup lui imputent l’absence de candidat à la présidentielle.

À cela, il faut ajouter que, pendant les dix années de combat politique contre Patrice Talon, l’ancien président du Bénin de 2006 à 2016 a rarement obtenu ce qu’il voulait. À noter également que Chabi Yayi, le fils de Boni Yayi, a lui aussi démissionné du parti ce jour.

Quelles suites pour Les Démocrates ?

La première question est celle de la succession à la tête du parti, dans l’attente du prochain congrès. Selon une personnalité des Démocrates, la préséance désignerait logiquement le premier vice-président Eric Houndété. Selon une info RFI, le comité permanent du parti se réunit ce mercredi après-midi.

Autre rendez-vous fixé : une réunion de coordination du parti, prévue vendredi. À l’ordre du jour : définir la ligne directrice pour les sept prochaines années, soit la durée du mandat du président qui sera élu le 12 avril prochain.

Une seule consigne a été laissée par Boni Yayi en guise de testament politique : il recommande une gestion consensuelle du parti.

Figure de la vie politique béninoise depuis plus de trois décennies, Boni Yayi devient l’un des principaux opposants à Patrice Talon

Thomas Boni Yayi s’était fait très discret depuis quelque temps. Il semblait déjà en retrait pendant la campagne pour les législatives de janvier dernier, seules élections auxquelles Les Démocrates peuvent prendre part cette année. L’ancien chef de l’État béninois quitte donc la présidence du parti créé il y a 6 ans au moment d’une scission avec les FCBE, et aujourd’hui en difficulté.

Après avoir dirigé la Banque ouest-africaine de développement, Thomas Boni Yayi est élu à la présidence du Bénin en 2006, sous le slogan « Ça peut changer ! Ça va changer ! Ça doit changer ! », puis en 2011 pour un second mandat. Une réélection contestée par l’opposition.

Après 10 ans à la tête du pays, Patrice Talon lui succède en 2016. Il devient l’un de ses principaux opposants. Les tensions entre les deux hommes sont anciennes. On se souvient de l’affaire de complot et de la présumée tentative d’empoisonnement contre Boni Yayi en 2013. Un mandat d’arrêt international avait alors été émis contre Patrice Talon. Il y a quelques mois, ce dernier déclarait : « Vivement 2026 pour que tous les deux nous quittions la scène politique. Notre guéguerre nuit au Bénin ». 

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