Aux Comores, l’urgence de réhabiliter les écoles face aux catastrophes climatiques

Les intempéries répétées fragilisent durablement les écoles, révélant les limites de la réponse publique. Après le cyclone Kenneth en 2019, puis Chido en 2024, de nombreux établissements dégradés n’ont pas été réfectionnés jusqu’ici, faute de moyens et malgré les efforts des communautés locales qui effectuent des travaux de réhabilitations depuis plusieurs années. En tournée aux Comores, la directrice régionale Afrique de l’Est et Australe de l’Unicef a pu observer cette situation de près. RFI s’est rendu à Singani, sur l’île de la Grande Comore, dans une école primaire qui illustre cette réalité : bâtiments anciens, classes surchargées, scolarité perturbée.

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Avec notre correspondant à Moroni, Abdallah Mzembaba

À Singani, l’école primaire publique peine à fonctionner normalement, surtout pendant la saison des pluies. Construite en 1945, elle a été fortement endommagée par les cyclones successifs. Abdillah Abdou Chanfi en est le directeur. « Nous rencontrons d’énormes difficultés en période de pluie, notamment avec les fuites au niveau de la toiture. Sur les huit salles de classe, seule une est fonctionnelle quand il pleut ».

L’établissement accueille plus de 300 élèves. Et même en faisant des rotations entre les différentes classes, matin et après-midi, il y a des classes qui sont laissées pour compte. Le directeur indexe les pouvoirs publics : « Ils sont au courant, mais jusqu’à présent ils n’ont pas envisagé de nous aider. Et il faut reconnaître aussi que ce sont des écoles qui datent de 1945 jusqu’à maintenant, à peu près, c’est 85 ans, donc il y a beaucoup de salles qui sont vraiment anciennes ».

En classe, l’impact est immédiat. Warda Ali Mohamed enseigne en classe de maternelle : « Si on est en classe et qu’il y a beaucoup de pluie, on n’arrive pas à crier plus fort pour que les élèves entendent et puis l’eau entre dans la classe. Si la pluie nous dérange trop, on fait sortir les élèves ou bien on reste sans faire cours ». 

En visite aux Comores, Etleva Kadili, directrice régionale de l’Unicef pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe, souligne que l’appui de l’organisation vise d’abord à répondre aux réalités du terrain : « Le soutien de l’Unicef à des écoles plus sûres et plus résilientes à travers la réhabilitation de salles de classe et l’installation d’énergie solaire répond directement aux réalités observées sur le terrain ». 

Après le passage du cyclone Kenneth en 2019, l’Unicef avait réhabilité 16 écoles primaires, sur les 400 que compte le pays. D’autres partenaires, aux côtés de l’État, ont également remis des établissements en état. Mais beaucoup d’écoles restent encore à reconstruire.

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