Au Tchad, l'opposition critique au sujet de la rencontre entre Déby et Macron

La visite en France du président tchadien Mahamat Idriss Deby et sa réception à l’Élysée, jeudi 29 janvier, font réagir au Tchad. Un an après le départ des derniers soldats français du pays, les deux États ont acté une « nouvelle page » dans leur relation pour dépasser les « incompréhensions », selon la présidence tchadienne. Ndjamena espère davantage de Paris sur les volets économique et culturel, mais la coopération sécuritaire et diplomatique demeure importante. L’opposition s’inquiète du silence de la France sur la situation intérieure, là où les soutiens du président Deby soulignent la poursuite de très bonnes relations entre les deux pays.

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Depuis trois mois, le Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) était resté muet. Le parti d’opposition au Tchad avait suspendu ses activités pour dénoncer le climat politique répressif.

Voyant Mahamat Idriss Déby renouer ostensiblement avec Paris et Emmanuel Macron le 29 janvier, la plateforme d’opposition est sortie de sa réserve dans un communiqué au vitriol. Pour un de ses porte-paroles, Djona Avocksouma, la volte-face du chef de l’État montre que le pouvoir craint pour son avenir, dans un contexte de tensions régionales et intérieures :

« Bien sûr qu’il est fébrile. Le pouvoir fait tout pour sa propre survie. Cela ne va pas à l’est, tout le monde le sait, cela ne va pas à l’extrême nord, cela ne va pas au sud non plus… Cela bouge de toute part. Nous sommes tous inquiets donc. Nous ne voyons quel est l’intérêt de la politique officielle de la France au Tchad. »

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Pour les soutiens de Mahamat Idriss Déby, cette visite est un succès. Les opposants souhaiteraient que la brouille se perpétue pour leurs intérêts personnels, analyse le porte-parole du parti présidentiel MPS, Abdel-Nasser Garboa :

« Beaucoup d’opposants tchadiens espéraient voir dans le départ de l’armée français un signe de tension entre les deux États. Ils pensaient, ou espéraient, profiter de cette tension pour avoir le soutien de Paris dans leurs manœuvres. Malheureusement pour eux, ce n’est pas le cas, et les relations entre le Tchad et la France sont les meilleures du monde et continuent de prospérer. Il n’y a aucune fébrilité. Je pense que le Tchad et la France ont beaucoup de sujets en commun et personne ne peut s’en mêler. »

Aucune annonce concrète n’a suivi la rencontre de l’Élysée. Mais les deux pays ont avancé des « engagements réciproques » à mettre en œuvre.

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