Au Soudan, le gouvernement remet la main sur des centaines d'artefacts pillés par les FSR

Les autorités soudanaises ont récupéré 570 objets d’art qui avaient été pillés durant la guerre. Le sous-secrétaire au ministère de la Culture les a présentés, mardi 13 janvier, lors d’une cérémonie à Port-Soudan, rapporte l’agence de presse soudanaise Suna. Une victoire symbolique pour Khartoum, qui accuse les Forces de soutien rapide (FSR) de vouloir effacer le patrimoine culturel du pays.
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Avec notre correspondante régionale, Gaëlle Laleix
Des dizaines de statuettes sont exposées sur une table. Un fragment des 570 objets historiques récupérés par les autorités soudanaises. D’après le ministère de la Culture, ces artefacts proviennent de périodes allants « de la préhistoire à l’époque moderne ».
Les détails sur les conditions de récupération de ces objets n’ont pas été donnés. Le sous-secrétaire du ministère a salué le travail du comité spécialisé pour la Protection de la culture et des antiquités, créé récemment, en coordination avec le Service général du renseignement.
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Mais le chemin pour reconstituer le patrimoine du pays est encore long. Les autorités soudanaises estiment que plus de 100 000 œuvres ont été volées par les Forces de soutien rapide. Dans un communiqué diffusé lundi 12 janvier, le ministère de la Culture, de l’information et du tourisme a accusé les paramilitaires de vouloir « démanteler l’identité soudanaise » à travers un projet de « remplacement et de substitution ».
En attendant, le musée national de Khartoum vient de rouvrir ses portes de manière virtuelle. Depuis le 1er janvier 2026, le public peut redécouvrir en ligne ses collections. Un projet soutenu par le ministère de la Culture français qui devrait présenter plus de 1 000 artefacts soudanais.
Les autorités soudanaises estiment que plus de vingt musées du pays ont été pillés et que la valeur du patrimoine disparu atteint les 110 millions de dollars.
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