Au moins 326 humanitaires tués dans le monde en 2025 selon l'ONU, l’Afrique pas épargnée

Au moins 326 travailleurs humanitaires ont été tués dans le monde en 2025 et plus de 1 000 au total ces trois dernières années, a annoncé le 8 avril 2026 le chef des opérations humanitaires de l’ONU, dénonçant le « symptôme d’un monde sans foi ni loi ». En Afrique, des humanitaires ont été tués en RDC, au Soudan et au Soudan du Sud.
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Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu mercredi 8 avril un débat sur la protection des travailleurs humanitaires dans les conflits armés. Le contexte est sombre : en trois ans, plus de 1 000 de ces personnels ont été tués, dont 560 à Gaza et en Cisjordanie et 25 en Ukraine.
Tom Fletcher, secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires, a utilisé un mot fort devant le Conseil de sécurité : « Effondrement. » Effondrement de la protection dont bénéficient pourtant les travailleurs humanitaires en vertu du droit international.
Il a dressé un tableau brutal. Rien que depuis janvier, 326 humanitaires ont été tués. Et le rythme s’accélère. « Cette tendance est le symptôme d’un monde violent, belliqueux, égoïste et sans loi », a-t-il dit.
130 morts au Soudan
L’Afrique concentre une part lourde de ce bilan : 130 morts au Soudan, 60 au Soudan du Sud, 25 en RDC.
Au sujet du Soudan du Sud, l’ambassadeur américain Jeffrey Bartos a qualifié ce pays de l’un des endroits les plus dangereux au monde pour les humanitaires. En février, deux structures de santé desservant 250 000 personnes ont été détruites, des centaines de milliers de personnes étant privées de soins du jour au lendemain.
En RDC, c’est un nom qui revient : Karine Buisset, employée de l’Unicef, tuée le 11 mars dans l’est du pays par une frappe de drone. Jeffrey Bartos a appelé la RDC, le Rwanda et l’AFC/M23 à garantir la protection du personnel humanitaire.
Impunité
Le représentant britannique Archie Young a pointé l’usage croissant des drones par des acteurs qui ignorent le droit international, avec des conséquences mortelles en RDC, au Soudan et en Ukraine.
Ce qui aggrave tout, selon Gilles Michaud, responsable de la sécurité à l’ONU, c’est l’impunité. Les auteurs sont rarement nommés, encore moins poursuivis.
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