Au Kenya: la découverte d’un gisement d’or provoque des tensions locales

Mi-novembre, la société britannique Shanta Gold Limited a annoncé la découverte d’un gisement d’une valeur estimée à 5,29 milliards de dollars. Il se trouve dans la circonscription d’Ikolomani, dans la région de Kakamega, vers le lac Victoria. Un territoire où la population vit essentiellement de l’orpaillage.

C’est le plus gros gisement découvert depuis des décennies. Près d’un million trois cent mille onces d’or. Pour ce filon, la société minière Shanta Gold Limited voit grand. 

Dans son rapport d’étude soumis à l’Autorité nationale de gestion environnementale du Kenya, le minier britannique expose son projet. Il entend développer une mine souterraine, une usine de traitement d’une capacité de 1 500 tonnes par jour et une centrale électrique de 12 mégawatts. Le tout pour un investissement estimé autour des 170 millions de dollars.

Dans un communiqué, Shanta Gold assure que cela favorisera « le développement local grâce à la création d’emplois et d’opportunités de commerce ». La société britannique prévoit que le comté de Kakamega et les communautés locales percevront respectivement 20 % et 10 % de la redevance sur l’or versée à l’État kényan. 

Affrontements

Mais cela ne suffit pas à rassurer les habitants d’Ikolomani. Depuis plusieurs semaines, ils manifestent contre ce projet minier, car ils redoutent d’être déguerpis et de perdre leur gagne-pain. Le territoire d’Ikolomani vit de l’orpaillage depuis les années 1930. 

« Il y a de la place pour que les orpailleurs kényans poursuivent leur activité. Ces espaces seront délimités », promet Ali Hassan Joho, directeur de cabinet du ministère des Mines. Une parole dont font peu de cas les communautés d’Ikolomani. Lors d’une réunion sur le sujet, début décembre, la police a tué quatre orpailleurs lors d’affrontements.  

Potentiel kényan

Pour l’heure, le Kenya reste encore un petit acteur de l’or, avec une production de 410 kilos en 2023. Loin derrière le Ghana, l’Afrique du Sud ou encore le Soudan. Mais son potentiel est reconnu. Dans son dernier classement sur l’attractivité des investissements miniers, l’Institut Fraser a placé le Kenya en 6ᵉ position sur le continent africain.

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