Anado Kabika, la mode pour promouvoir la beauté congolaise

Ancienne première dauphine de Miss Congo 2016 et désormais installée à New York, le mannequin Anado Kabika a une mission en tête : aider les beautés de son pays, la République démocratique du Congo (RDC), a être sous les feux des projecteurs, mais aussi aider à l’émancipation de ses compatriotes. Engagée sur plusieurs fronts, comme celui de présenter les mannequins congolaises dans les plus grandes compétitions mondiales, comme Miss Univers, la native de Kinshasa redouble d’efforts, des rêves plein la tête.

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Les concours de beauté aux quatre coins de la planète regorgent de beautés de nombreux pays, mais certaines n’ont pas toujours la chance d’être de la partie, d’avoir accès à ce monde de styles et de projecteurs. Pour Anado Kabika, la barrière doit être franchie, les portes doivent êtres poussées afin de montrer à la planète les beautés de son pays, la République démocratique du Congo.

Issue d’une famille de 18 enfants, Kabika a grandi dans une famille traditionnelle, dans la capitale du pays et la mode n’est pas vraiment dans sa ligne de mire durant son enfance. « Ma passion à moi, c’était le foot ! » sourit-elle encore aujourd’hui. « Je rêvais de ballon rond, je jouais tout le temps, je voulais être une star de la discipline. Mais mes parents et le manque de soutien ont eu raison de mon rêve de devenir professionnelle ».

La jeune fille se prend de passion pour d’autres projets, avec toujours un objectif en tête: devenir connue pour inspirer les autres et impacter son pays de manière positive. Kabika grandi, et adolescente, subit les moqueries de ses camarades, car elle est grande, mince, et élancée. Elle ne rentre pas dans les codes de beauté classiques de la région, mais cela lui sert de révélateur pour la suite de sa jeune existence. « Je regardais les magazines, les émissions de télé et je voyais des mannequins minces, des femmes comme moi et je me suis dit que je voulais me donner une chance dans le milieu de la mode, juste pour m’en faire une idée », explique-t-elle.

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Elle poursuit ses études, et commence à se présenter à des castings, à être repérée pour défiler et marquer présence à des événements de mode. Tout s’enchaine : elle devient première dauphine de Miss Congo en 2016, puis voyage pour vivre son rêve: Japon, France, Afrique du Sud. Au pays du Soleil levant, elle défile pour Kenzo, et se construit un réseau solide. Elle lance pour la même occasion un ONG, « Coeurs d’Afrique » qui vise à aider les femmes de son pays, mais voit plus grand. Elle décide de rejoindre les États-Unis en 2018, pour s’installer à New York. « J’ai appris beaucoup durant ces années, mais je voulais aussi aider les femmes, mettre en valeur les beautés de mon pays, qui sont trop souvent mises de côté. Mon côté entrepreneur aussi a pris le dessus, et en 2024, j’ai décidé de diriger l’équipe de Miss Univers Congo », précise-t-elle.

« Nous sommes des patriotes, au même niveau qu’un diplomate »

Lors de cette année, la jeune congolaise décide de prendre son courage à deux mains, et présente son dossier afin de récupérer la direction de la franchise Miss Univers pour son pays. « Je me suis présentée à la direction dont les bureaux sont aux États-Unis et au Mexique, et on a accepté mon dossier. Je suis donc devenu la responsable du comité Miss Univers pour mon pays », sourit-elle. L’entrepreneure n’a pas de limites, et se lance à fond dans son projet. Pour l’édition du concours 2024, elle envoie une candidate qui représente la République démocratique du Congo sur la scène mondiale, une première pour une femme du pays depuis…..38 ans ! « C’était une énorme émotion, mais on avait déjà commencé à l’époque à travailler sur les prochaines étapes, et envoyer une candidate mieux préparée, et prête aux défis de ce genre de compétition », souligne-t-elle.

Pour l’édition de l’année suivante, elle repère plusieurs femmes dans les quatre coins du pays, et organise une cérémonie à Kinshasa, couronnée d’un succès énorme. « Même si on a du faire face à des barrières et des difficultés pour rechercher des sponsors et des soutiens, il y eu une belle préparation et on a couronné Dorcas Dienda, Miss Univers Congo 2025, qui s’est rendue pour représenter le pays en Thaïlande », précise Kabika.

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La désormais cheffe de file de la mode congolaise et son équipe donne des formations, des stages de préparation aux défilés, mais aussi des cours d’éloquence et des cours de business à chaque participante, qui durant de longues semaines peuvent se préparer pour explorer leur potentiel et prendre conscience de leur talent. « L’émancipation de la femme, c’est l’un des éléments centraux de ma philosophie. On a grandi dans un pays où les hommes dirigent, décident et ont pour la plupart un regard limité sur les femmes », précise-t-elle, « mais on veut changer les mentalités, faire respecter les femmes et leur donner les moyens de devenir indépendantes, de devenir des entrepreneurs, d’affirmer leur potentiel et leur beauté ».

Kabika remarque déjà un changement de perception de son projet, « même si le manque d’aide du gouvernement reste quelque chose qui doit être travaillé », et voit en ces femmes des ambassadrices du Congo, des cultures, donnant un autre rayonnement à une région trop souvent exposée pour ses conflits et ses problèmes nationaux et régionaux. « Nous sommes des patriotes, au même niveau qu’un diplomate ou un sportif de haut niveau. Ça prendra le temps que cela prendra, mais on n’est encore au début de l’aventure.On veut aussi servir d’exemple pour inspirer les femmes à travers le pays, mais aussi dans le reste du continent », conclut-elle. 

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