Afrique: Sommet sur le «One health» en France

Placer l’approche « One Health » (Une seule santé) au plus haut niveau de l’agenda international. Tel est le but ultime poursuivi par les autorités françaises à travers l’organisation, à Lyon, les 6 et 7 avril 2026, d’un sommet exclusivement dédié à cette initiative.
Des sommités mondiales se retrouvent ainsi pour échanger sur cette problématique, surtout en ce jour marquant la Journée mondiale de la Santé célébrée le 7 avril de chaque année. Une occasion pour inviter à des actions et solutions concrètes capables d’accélérer la mise en oeuvre de l’approche « One Health ».
LYON- Crise sanitaire jamais connue dans le monde, la pandémie de Covid-19 a fait prendre conscience de l’impératif d’une collaboration multisectorielle pour trouver des solutions adéquates aux maladies émergentes et ré-émergentes. Il est d’ailleurs établi que plus de 75 % des pathologies infectieuses humaines sont d’origine animale.
Les résistances antimicrobiennes sont susceptibles de causer plus de 10 millions de morts par an d’ici à 2050. Ces chiffres montrent que la santé humaine est étroitement liée à celle animale, laquelle est imbriquée à la santé environnementale. « Les trois sont interconnectées. On ne peut pas penser à l’une ou à l’autre », a souligné, le 6 avril 2026, à Lyon, Éléonore Caroit, ministre délégué chargé de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger. Elle s’exprimait dans le cadre du Sommet « One Health » (Une seule santé) (6-7 avril 2026) à l’initiative de la France.
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Les organisateurs de cette rencontre veulent faire de cette approche, adoptée depuis plus de 20 ans, précisément en 2004, une réalité concrète, alors que celle-ci a principalement concerné, dans un premier temps, la communauté scientifique et des universitaires. Elle a commencé à susciter un intérêt grandissant, notamment sur le plan politique, à partir de 2020 avec la Covid-19. Aujourd’hui, il est crucial pour tous les pays de s’engager et de faire de l’approche « One Health » une réalité concrète.
« Pour ce sommet, on n’est pas là pour discuter, mais pour agir, pour montrer que l’approche « Une seule santé » est la bonne et que l’approche multilatérale pour traiter des questions de santé mondiale est la seule possible parce que les microbes, les épidémies, les pandémies, la pollution ne connaissent pas de frontières. Elles sont mondiales et on ne peut pas les traiter seul dans son coin, dans le cadre de ses frontières nationales », a déclaré Mme Caroit. Selon elle, il est attendu, à l’issue de ce qu’elle qualifie de « Sommet historique », « un engagement concret ». Comme ce fut le cas, a-t-elle précisé, lors de la rencontre organisée suite aux Jeux olympiques de la jeunesse (Joj) « Paris 2025 ».
« Nous avons eu un engagement concret de la part des pays, lequel s’est déjà traduit par des investissements dans la nutrition, notamment pendant les mille premiers jours de la vie. Les pays ont fait des engagements spécifiques traduits dans leurs politiques publiques », s’est-elle réjouie, mentionnant, dans le cadre du Sommet « One Health » de Lyon, qu’un sujet plus global est concerné, à savoir la santé humaine.
Mme Caroit donne l’exemple d’une préoccupation sanitaire devenue mondiale, à savoir les Résistances antimicrobiennes (Ram). « C’est un angle très concret sur lequel des engagements seront pris », a-t-elle affirmé, soulignant que « des annonces seront aussi faites pour des systèmes alimentaires plus durables ». « Il y aura les engagements de Lyon », a promis Éléonore Caroit. Ils seront articulés, entre autres, sur la prévention des zoonoses, la pollution plastique.
Ces enjeux quotidiens, souvent négligés par les communautés et les décideurs, imposent une action urgente. Il est impératif de renforcer le dialogue, l’engagement et surtout d’investir, de manière pérenne, dans la santé globale. En effet, tout investissement dans ce secteur se traduit par un impact direct et tangible sur la vie des populations. Pour Mme Caroit, « la santé est globale et c’est dans la globalité qu’il faut y répondre ».
Prise de conscience pour traiter la santé dans sa globalité
LYON- Pour montrer l’interconnexion entre la santé humaine, animale et l’environnement, le colloque scientifique, qui a réuni, hier, des experts de divers horizons, s’est penché sur plusieurs thématiques d’intérêt mondial. « Le fait d’être à Lyon leur permet de mettre en commun leurs découvertes et de proposer des solutions concrètes », a indiqué Éléonore Caroit, ministre délégué chargé de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger. Organisées en prélude à la Journée mondiale de la santé ce 7 avril, ces assises coïncident avec un sommet de haut niveau.
L’événement rassemble un large éventail de décideurs : chefs d’État, ministres, dirigeants d’organisations internationales, scientifiques et acteurs de la société civile, du secteur privé comme de la jeunesse. « Ce qui est intéressant, c’est que vous avez des ministres en charge du Développement comme moi, des ministres de la Santé, des équipes qui travaillent sur les questions environnementales. Tout cela montre qu’il y a une prise de conscience de la globalité de ces sujets et de l’importance de les traiter de manière coordonnée. Nous avons également notre ministre de la Recherche », a souligné Mme Caroit.
Elle a insisté, dans le domaine de la recherche, sur la nécessité qu’elle se fasse dans d’autres langues que l’anglais. « C’est important qu’une partie de la recherche se fasse en français. Lorsque vous permettez aux scientifiques de faire des recherches dans d’autres langues, vous leur permettez d’avoir un cadre de langue qui n’est pas unifié. La recherche fondamentale en français, en anglais, en arabe, etc., va avoir une dimension différente et permettre une diversité dans la recherche ».
Pour cette raison, Éléonore Caroit encourage « la découvrabilité » des contenus scientifiques multilingues. Elle souhaite que ces données alimentent les modèles de l’Intelligence artificielle (Ia) pour briser l’exclusivité de l’anglais, soulignant qu’un tel monopole appauvrirait considérablement le champ des connaissances.
Lyon, une cité dotée d’un écosystème sanitaire solide
Des délégations de 70 pays prennent part au Sommet « One Health » de Lyon (6-7 avril 2026). Le choix de cette ville française n’est pas fortuit. Il représente un écosystème sanitaire solide. « C’est un centre important de la santé mondiale », a souligné Éléonore Caroit, ministre délégué chargé de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger.
Lyon, selon son maire, Grégoire Doucet, a accueilli la première école vétérinaire créée dans le monde. Au-delà de la santé humaine, la santé animale et celle environnementale ont longtemps constitué une préoccupation dans cette ville connue dans le domaine universitaire, de la recherche académique, de la science, de l’industrie, surtout en matière de vaccins et de diagnostics. Ces raisons ont motivé, le choix de Lyon par le président français Emmanuel Macron pour abriter le Sommet « One Health » qu’il a initié.


