Afrique: Samir Sobha, président de la MFA – «Nous sommes tous responsables»

Après l’élimination amère de Maurice par la Somalie mardi, Samir Sobha, président de la Mauritius Football Association (MFA), brise le silence. Entre départ acté du sélectionneur, contraintes administratives pour les binationaux et avenir de la sélection, le dirigeant revient sur ce qui n’a pas marché.
Comment avez-vous vécu cette élimination ?
C’était triste car il y avait de la place pour passer. C’est le football : il faut un gagnant et un perdant. Je pense que personne n’a fait semblant sur le terrain. Le football, c’est tout un ensemble. Il y a des choix qui sont faits et tout le monde peut ne pas être d’accord. Le point positif, c’est que nous avons un groupe soudé et motivé. De plus, les binationaux font l’effort de venir. Mais le match n’a pas été disputé durant une période idéale pour nous. Il y a des joueurs qui ne sont pas en compétition tandis que d’autres reviennent de blessure. Ils ont fait de leur mieux malgré tout.
Ne fallait-il pas les remplacer ou ne pas faire appel à eux ?
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Ce n’est pas la décision du président mais de l’entraîneur. À la fin de la journée, on analyse ce qui va bien ou pas et nous prenons les décisions qui s’imposent. Nous ne décidons pas à la place du sélectionneur. Selon lui, il a aligné la meilleure équipe et c’est lui le seul maître à bord.
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Le comité avait déjà pris la décision au mois de janvier de le remplacer. Mais avec l’échéance du tour préliminaire, nous avons préféré le garder car cela allait être compliqué de lui trouver un remplaçant.
La MFA a-t-elle déjà commencé à trouver son remplaçant ?
Nous n’avons pas encore abordé ce dossier. La FIFA et la CAF exigent que le sélectionneur possède une licence CAF A ou UEFA Pro. Ça coûte énormément d’avoir un entraîneur de ce calibre. Nous allons nous appuyer sur notre réseau pour trouver des personnes qui seraient susceptibles d’être intéressées par notre offre.
Comment reconstruire après une énième élimination ?
Chacun devra assumer ses responsabilités. Nous sommes tous responsables, que ce soit les joueurs, l’entraîneur ou la fédération. On ne peut pas tout mettre sur le dos de l’entraîneur. Nous devons remonter la pente. La Somalie était 200e lorsqu’elle évoluait avec des joueurs issus de son championnat local. En moins de six mois, le pays a trouvé une quinzaine de binationaux. Rien que pour cette rencontre, ils ont naturalisé cinq joueurs. Malheureusement, chez nous, nous attendons toujours qu’Adrien Monfray et Nicolas Château viennent nous donner un coup de main. Mais cela bloque toujours au niveau administratif. Ils font partie de la troisième génération et, selon la juridiction en place, ils ne peuvent pas porter les couleurs de Maurice. Je pense que le gouvernement aurait pu assouplir cette règle pour l’équipe nationale et leur offrir un passeport sportif.
Une séance de tirs au but mal préparée ?
Après l’élimination des Dodos mardi, les langues commencent à se délier concernant ce revers qui prive Maurice d’un ticket pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2027). Selon certains membres du staff technique et même certains joueurs, la séance de tirs au but a été mal préparée. Il nous revient que c’est Emmanuel Vincent — à l’aise sur coups de pied arrêtés et au pénalty — qui aurait dû être le deuxième tireur au cours de cette séance où Maurice s’est incliné 4-2. Mais l’entraîneur a préféré le placer en 4e position, laissant le soin à Léon Alizart de tirer le second pénalty, qu’il a d’ailleurs manqué.
La séance des tirs au but a été catastrophique pour nos représentants
Lors de l’entraînement de veille de match, il aurait manqué trois tirs au but. D’autre part, plusieurs joueurs étaient en méforme avant d’entamer la manche aller-retour, à l’instar d’Adrien Botlar, qui n’a assisté qu’à une séance d’entraînement en amont de cette double confrontation et qui n’a disputé aucune minute au cours des deux rencontres, ou encore Yannick Aristide, appelé en renfort et qui souffrirait d’une élongation. Visiblement, tous ces facteurs n’ont certainement pas aidé les Dodos à se montrer performants.



