Afrique: Nucléaire – La capacité installée devrait augmenter d'ici 2050

Selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) publié le 25 août, les pays africains pourraient multiplier par dix leurs capacités nucléaires installées d’ici 2050, grâce notamment aux petits réacteurs modulaires qui ont abaissé le coût du financement de l’électronucléaire et ses délais de construction.

De plus en plus de pays africains misent sur le nucléaire pour réduire leur pauvreté énergétique sans augmenter les émissions de carbone. Le rapport souligne que la question du financement peut être résolue grâce à des modèles de financement innovants basés sur des investissements mixtes publics-privés et des accords régionaux d’achat de petits réacteurs modulaires, qui s’intègrent plus facilement aux réseaux électriques existants.

Intitulé « Outlook for nuclear energy in Africa », le rapport rappelle que l’Afrique du Sud reste jusqu’ici le seul pays africain à produire de l’énergie nucléaire. Sa centrale de Koeberg, composée de deux réacteurs, fournit près de deux gigawatts (GW) au réseau, et en 2024, le réacteur n° 1 a profité d’une prolongation de vingt ans de sa durée de vie. Mais plus de vingt autres pays africains souhaitent emboîter le pas au pays le plus industrialisé du continent, et plusieurs d’entre eux passent déjà de la phase de planification à celle de mise en oeuvre. L’Egypte construit actuellement la centrale nucléaire d’El Dabaa d’une puissance de 4,8 gigawatts, dont la première tranche devrait être mise en service d’ici 2028.


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Le Ghana, le Rwanda, le Kenya, la Namibie et le Nigeria ont pris la décision d’adopter la technologie nucléaire et travaillent avec l’AIEA pour préparer les infrastructures, mettre en place des organismes de réglementation et développer les ressources humaines nécessaires.

Le Kenya a créé en 2012 un organisme chargé de la mise en oeuvre du programme d’énergie nucléaire. Ce pays d’Afrique de l’Est qui dépend des importations d’hydrocarbures a également mis en place un organe de réglementation indépendant, et vise 2038 pour son premier réacteur, avec plusieurs petits réacteurs modulaires (Small Modular Reactor/SMR) à l’étude. Le Ghana est déjà en pourparlers avec des fournisseurs internationaux, dont l’américain NuScale Power, pour une grande centrale nucléaire et des SMR, tandis que le Nigeria a lancé un appel d’offres pour une centrale de 4000 mégawatts (MW) et signé des accords préliminaires avec plusieurs fournisseurs.

Dans un scénario optimiste (high case scenario), les capacités de production d’électricité nucléaires en Afrique devraient tripler d’ici 2030 et être multipliées par dix d’ici 2050 par rapport aux capacités totales installées de 2022. En termes d’investissement, la réalisation de ce scénario devrait nécessiter plus de cent milliards de dollars. Dans le scénario pessimiste (low case scenario), les capacités nucléaires installées sur le continent devraient, quant à elles, doubler d’ici 2030, et quintupler d’ici 2050 comparativement aux capacités de 2022.

La promesse des petits réacteurs nucléaires modulaires

Malgré cette forte croissance prévue, l’énergie nucléaire ne devrait contribuer qu’à hauteur de 1,4% à 3,3% à la production totale d’électricité en Afrique à l’horizon 2050, contre une moyenne mondiale de 9,2% actuellement.

L’essor prévu de l’électronucléaire intervient dans un contexte où les gouvernements africains sont confrontés à un double défi : alimenter en énergie des économies où plus de 500 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité et réduire le recours aux combustibles fossiles, qui fournissent actuellement plus de 70 % de l’énergie sur le continent.

Le rapport souligne également qu’une grande partie de la dynamique enclenchée autour de l’électronucléaire en Afrique est alimentée par l’essor croissant des petits réacteurs modulaires qui offrent une production d’électricité flexible par tranches plus petites que les centrales traditionnelles. Ces réacteurs, réalisés en usine sous forme de modules industrialisés et directement installables sur site, ont une puissance réduite, généralement comprise entre dix et trois cents mégawatts (MW). Ils permettent aussi d’abaisser significativement le poids du financement de l’électronucléaire et ses délais de construction.

L’AIEA indique dans ce même cadre que l’Afrique dispose déjà d’un avantage considérable dans sa course à l’énergie nucléaire, puisqu’elle contribue actuellement à hauteur de 14% de la production mondiale d’uranium. La Namibie se classe au troisième rang mondial des producteurs de ce métal radioactif utilisé comme combustible nucléaire dans les centrales pour produire de l’électricité, tandis que le Niger et l’Afrique du Sud figurent également dans le Top 10 mondial.

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