Afrique: L'énigme Regragui : Démission de principe ou désaveu d'une "victoire de bureau" ?

Le 17 mars 2026 restera comme le jour où le football africain aurait perdu sa boussole morale. Mais au-delà de la spoliation du titre sénégalais par la CAF, c’est le départ foudroyant de Walid Regragui, survenu juste avant l’annonce officielle, qui interpelle. Pourquoi l’architecte du miracle marocain aurait-il choisi de s’effacer au moment précis où son pays s’apprêtait à recevoir une couronne administrative ? Analyse d’un divorce qui ressemblerait à un acte de résistance préventif.
Le timing du départ de Walid Regragui constituerait la clé de voûte de cette affaire. En quittant son poste avant que la CAF ne rende publique sa décision d’octroyer le titre au Maroc, le sélectionneur aurait posé un acte de rupture chirurgicale. Dans les hautes sphères du football marocain, les bruits de couloir sur la décision imminente du jury d’appel auraient pu circuler avec insistance. Pour un homme dont l’image est bâtie sur la « Grinta » et l’authenticité du combat physique, rester en poste aurait pu signifier devenir le complice volontaire d’une imposture. En démissionnant en amont, Regragui aurait ainsi mis une distance de sécurité entre son nom et la manœuvre de la FRMF. Ce serait le geste d’un technicien refusant que son CV de demi-finaliste mondial ne soit souillé par une « étoile de bureau ».
Pourquoi serait-il parti ? Parce qu’il aurait sans doute compris que la légitimité de son futur mandat serait nulle. Comment un entraîneur pourrait-il encore regarder ses joueurs dans les yeux, ou affronter la presse internationale, en étant le bénéficiaire d’un titre obtenu par un recours juridique deux mois après une défaite réelle sur le terrain ? Regragui aurait saisi que cette CAN offerte serait une couronne d’épines. Il n’aurait pas voulu être l’homme qui soulève un trophée que le Sénégal avait gagné à la 94e minute grâce à Pape Gueye. Son départ serait un message silencieux mais dévastateur : il préférerait le retrait à l’usurpation. Pour lui, la vérité du rectangle vert serait sacrée, et aucune circulaire nocturne ne pourrait la remplacer.
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Un autre angle de réflexion résiderait dans le malaise profond vis-à-vis de la gouvernance de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF). Regragui aurait pu sentir que le pouvoir sportif lui échappait au profit du pouvoir diplomatique. Quand une fédération s’investirait avec une telle intensité dans le lobbying pour obtenir un titre par décret, elle signifierait indirectement à son coach que son travail tactique ne serait plus la priorité. Ce départ anticipé marquerait une rupture nette avec un système privilégiant les victoires en coulisses. Regragui, l’homme du terrain, ne se reconnaîtrait plus dans cette dérive bureaucratique où les commissions d’appel sembleraient remplacer les séances d’entraînement.
Maintenant que le coach est parti, pourrait-on imaginer son retour ? La réponse semblerait définitivement négative. En partant avant l’annonce, il aurait brûlé ses vaisseaux pour protéger son intégrité. Revenir aujourd’hui ferait de lui un opportuniste acceptant de gérer un héritage qu’il fuyait hier. Son départ s’apparenterait à un divorce éthique définitif. Le Maroc posséderait désormais la coupe, mais il aurait perdu l’architecte qui lui a donné sa plus belle image mondiale. Ce vide laisserait le football marocain dans une position grotesque : ils seraient « champions », mais sans l’homme qui incarnait leur réussite. Regragui s’en irait pour protéger son futur en Europe, là où les résultats ne seraient pas révisables par des fonctionnaires zélés deux mois après le coup de sifflet final.



