Afrique: La presse sportive française est-elle déçue par le verdict des incidents de la finale ?

Le verdict rendu après les incidents survenus lors de la finale continue de susciter de nombreuses réactions, notamment au sein de la presse sportive française. Depuis les événements, plusieurs médias semblaient espérer des sanctions lourdes, susceptibles d’avoir un impact direct sur la phase finale de la Coupe du monde, d’autant plus que le Sénégal figure parmi les adversaires de l’équipe de France lors de son premier match du tournoi.
Dans les jours ayant suivi la finale, le traitement médiatique a souvent laissé transparaître l’attente d’une décision exemplaire. Des médias comme L’Équipe, Foot Mercato et, plus largement, la presse sportive française ont longuement évoqué la possibilité de sanctions sévères, voire disqualifiantes, qui auraient pu fragiliser sportivement la sélection sénégalaise avant le Mondial. Cette narration laissait entendre qu’un verdict fort pourrait rebattre les cartes de la compétition à venir.
Pourtant, la décision finale des instances disciplinaires est venue contredire ces attentes. La FIFA, tout en prenant acte des sanctions infligées par la Confédération africaine de football (CAF), s’est clairement démarquée de toute ingérence et a confirmé que celles-ci n’auraient aucun impact sur la participation du Sénégal à la Coupe du monde.
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Dans le détail, la CAF a sanctionné plusieurs acteurs côté sénégalais :
Pape Thiaw a écopé de cinq matchs de suspension, accompagnés d’une amende personnelle de 100 000 dollars ;
Illimane Ndiaye a été suspendu pour deux matchs ;
Ismaïla Sarr a également reçu deux matchs de suspension ;
La Fédération sénégalaise de football a, de son côté, été condamnée à une amende de 615 000 dollars.
Des sanctions significatives sur le plan disciplinaire et financier, mais strictement limitées au cadre des compétitions africaines, sans conséquence sur le calendrier mondial.
À titre de comparaison, le Maroc, également concerné par des décisions disciplinaires, a vu :
Achraf Hakimi sanctionné d’un match avec sursis ;
Saïbari suspendu pour trois matchs ;
La Fédération marocaine condamnée à une amende de 315 000 dollars.
Ces décisions, jugées équilibrées par les instances, ont néanmoins alimenté une certaine déception médiatique en France. Pour une partie de la presse sportive, le verdict apparaît en décalage avec le ton alarmiste adopté en amont. L’absence de conséquences sportives directes pour le Sénégal contraste fortement avec les spéculations initiales, donnant le sentiment d’un scénario espéré mais non concrétisé.
Au-delà du simple verdict, cette affaire met en lumière le rôle des médias dans la construction d’attentes parfois excessives. En projetant l’idée de sanctions capables d’influencer la Coupe du monde, une partie de la presse a contribué à nourrir une frustration aujourd’hui palpable. La décision de la FIFA rappelle ainsi que les enjeux disciplinaires, aussi sérieux soient-ils, ne se traduisent pas systématiquement par des bouleversements sportifs majeurs.
En définitive, plus qu’une déception, ce verdict agit comme un rappel : les compétitions se gagnent sur le terrain, et non dans les projections médiatiques. Le rendez-vous entre la France et le Sénégal n’en demeure que plus attendu, débarrassé de toute incertitude extra-sportive.



