Afrique: La Banque africaine de développement organise un atelier avec des parties prenantes sur le développement de solutions climatiques mises en oeuvre par les jeunes

Le Groupe de la Banque africaine de développement a organisé les 24 et 25 février 2026, au Cap, en Afrique du Sud, un atelier consultatif des parties prenantes qui a réuni des chefs d’entreprise, des décideurs politiques et des partenaires au développement afin de promouvoir des solutions d’adaptation apportées par des jeunes et soutenues par le programme YouthADAPT du Groupe de la Banque dans sa nouvelle phase.

La consultation a permis de dresser le bilan de l’expérience d’exécution des trois premiers cycles de YouthADAPT, d’examiner les principaux enseignements tirés de leur mise en oeuvre et d’explorer les options de conception pour le quatrième cycle du programme. Les discussions ont souligné la nécessité d’aller au-delà du seul financement par des dons, de renforcer l’accompagnement après la remise des prix, d’améliorer les liens avec le marché et les investisseurs et de construire un modèle de financement plus durable pour les entreprises climatiques en phase de démarrage.

YouthADAPT est une initiative phare mise en oeuvre par la Banque africaine de développement pour soutenir les entreprises détenues par des jeunes qui fournissent des solutions innovantes en matière d’adaptation climatique à travers l’Afrique, financée par le Fonds fiduciaire multidonateurs pour l’innovation et l’entrepreneuriat des jeunes (YEI MDTF) et le Fonds pour les changements climatiques en Afrique (FCCA) du Groupe de la Banque. Au cours de ses trois premiers cycles (2021-2025), le programme a soutenu 39 entreprises dans vingt pays africains et a contribué à la création d’environ 11 000 emplois directs et indirects. Les entreprises détenues par des femmes représentaient 63 % du portefeuille, soulignant ainsi la contribution du programme à un entrepreneuriat climatique inclusif.

À l’ouverture de l’atelier, Al-Hamndou Dorsouma, chef de la Division du climat et de la croissance verte du Groupe de la Banque africaine de développement, a souligné l’importance stratégique de l’innovation menée par les jeunes dans le renforcement de la résilience climatique à travers l’Afrique.

« L’Afrique est le continent le plus jeune du monde, mais aussi le plus vulnérable au changement climatique. L’innovation est le pont entre ces deux réalités », a déclaré M. Dorsouma. « C’est grâce à elle que les jeunes Africains construisent des solutions dans les domaines de l’eau, des systèmes alimentaires, de l’accès à l’énergie, de l’économie circulaire et des services climato-intelligents, des solutions qui sont plus rapides à déployer à grande échelle et qui ont un impact plus important. »

Edith Ofwona Adera, coordinatrice de YouthADAPT au sein du Groupe de la Banque africaine de développement, a noté que le programme avait atteint une étape importante de réflexion et d’évolution, soulignant la nécessité d’utiliser les enseignements tirés pour construire un cadre plus résilient et plus durable qui donne aux jeunes innovateurs africains les moyens d’amplifier leurs efforts en matière d’adaptation au climat.

Mettant l’accent sur le partenariat et l’apprentissage, Mary Kashangiki, responsable du financement précoce à Financial Sector Deepening Africa, a noté que le processus de consultation aidera à intégrer les leçons tirées de YouthADAPT aux efforts plus larges visant à renforcer le financement de l’innovation climatique sur le continent.

Les participants ont convenu que le quatrième cycle de YouthADAPT devrait placer les entrepreneurs au coeur de la conception du programme, veillant à ce que le soutien apporté réponde directement à leurs besoins en matière de financement, de renforcement des capacités et d’accès au marché. Ils ont également souligné que la croissance des entreprises est dépendante d’un écosystème plus fort autour des fondateurs notamment un engagement plus précoce des investisseurs, un soutien accru aux créateurs d’entreprises, des partenariats locaux plus solides et des passerelles plus claires entre le financement par dons catalytiques et le financement de suivi durable.

Les animateurs de l’atelier ont également réexaminé les conclusions de l’enquête menée en amont de l’atelier, qui a permis d’identifier les principaux risques pesant sur l’efficacité du programme. Ceux-ci incluent des transitions difficiles vers le financement privé après l’achèvement du programme, des conceptions qui ne tiennent pas suffisamment compte des réalités du marché local, et une dépendance excessive à l’égard d’un seul partenaire de mise en oeuvre. Les participants ont noté que ces risques pouvaient être atténués grâce à des partenariats locaux plus solides, à un modèle de mise en oeuvre plus diversifié, à un engagement plus précoce des investisseurs et à des voies d’accès au capital plus claires permettant de passer du soutien sous forme de dons à un financement de suivi durable.

L’introduction d’une trajectoire de transition plus claire en matière de capital au sein du programme a constitué l’une des recommandations récurrentes. Celle-ci pourrait associer des dons à effet catalyseur à des tranches liées à des étapes clés, des instruments remboursables ou basés sur les revenus lorsque cela est possible, ainsi que des mécanismes de conseil aux investisseurs visant à dérisquer les financements de suivi. L’objectif est de réduire la dépendance à long terme vis-à-vis des dons tout en aidant les entreprises à devenir bancables et prêtes pour l’investissement, sans les exposer à des conditions de financement inappropriées.

L’atelier s’est conclu sur un accord concernant les prochaines étapes, notamment la consolidation des conclusions pour aboutir à un ensemble de mesures prêtes à être mises en oeuvre, la réalisation de consultations de suivi ciblées et la collaboration avec les partenaires d’exécution afin de définir un modèle de mise en oeuvre évolutif, axé sur le partenariat et orienté résultat pour le quatrième cycle du programme.

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