Afrique: Journée du 8 mars – Entre progrès législatifs et défis persistants pour les droits des femmes

Ce 08 mars, le monde célèbre la Journée Internationale des droits des femmes sous le thème « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles ». L’édition de cette année intervient à un moment politique crucial pour placer la justice au centre du débat mondial.
Pendant longtemps, les revendications des femmes pour l’égalité ont été minimisées. Pourtant, au fil des décennies, ces luttes ont profondément transformé les cadres juridiques et politiques à travers le monde. Mais si les textes ont évolué, la réalité demeure plus nuancée.
Des avancées juridiques qui témoignent des décennies de mobilisation
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La reconnaissance des droits des femmes s’est considérablement renforcée dans les législations nationales ces dernières décennies.
Droit de vote, accès à l’éducation, protection contre certaines formes de violence, autant de conquêtes qui témoignent d’un long combat mené par des générations de militantes, d’organisations et d’institutions internationales.
Dans de nombreux pays, les constitutions et les lois ont progressivement intégré le principe d’égalité, marquant une rupture avec des systèmes juridiques longtemps structurés autour de discriminations institutionnalisées.
Aujourd’hui, la majorité des États disposent de lois visant à lutter contre les violences domestiques. En Afrique du Sud, la loi sur la violence domestique a été renforcée afin de mieux prendre en charge les victimes et perpétuer les agresseurs.
Au Kenya, la « Protection Against Domestic Violence Act » de 2015 offre également un cadre juridique pour prévenir et sanctionner les violences au sein du foyer. Au Sénégal, la loi criminalisant le viol et la pédophilie adoptée en 2020 a marqué une avancée importante dans la protection des femmes et des filles.
Ces réformes témoignent d’une prise de conscience croissante des États face aux violences basées sur le genre.
Des limites juridiques persistantes qui freinent l’égalité réelle
Si les progrès démontrent qu’un changement est possible lorsque les lois, les institutions et la mobilisation citoyenne convergent vers un même objectif : garantir la dignité, la sécurité et l’égalité des chances pour toutes, il n’en demeure pas moins que l’égalité juridique reste encore largement incomplète dans de nombreuses régions du monde.
Selon un communiqué officiel d’ONU Femmes, aucun pays dans le monde n’est parvenu à instaurer la pleine égalité juridique pour les femmes et les filles. En effet, les données récentes indiquent qu’à l’échelle mondiale, les femmes ne jouissent qu’environ de 64℅ des droits juridiques accordés aux hommes.
Certaines lacunes dans les législations continuent d’exposer les femmes aux discriminations et aux violences. Dans plusieurs pays, la définition du viol dans la loi ne repose toujours pas sur la notion de consentement. Dans d’autres pays, les lois autorisent encore des pratiques telles que le mariage forcé ou précoce des filles.
Par ailleurs, l’égalité salariale pour un travail de valeur équivalente n’est pas garantie dans de nombreux systèmes juridiques, laissant persister des écarts de rémunération structurels.
Au-delà des textes, l’application des lois reste un défi majeur. Les femmes qui cherchent justice se heurtent souvent à des obstacles pratiques et sociaux : coûts élevés des procédures, éloignement des tribunaux, pressions communautaires ou manque de confiance dans les institutions.
À l’heure où les débats sur l’égalité se poursuivent à travers le monde, l’enjeu dépasse la simple adoption de nouvelles lois. Il s’agit désormais de garantir que la justice soit réellement accessible, que les droits soient appliqués dans la pratique et que chaque femme puisse vivre librement, en sécurité et dans la dignité.
D’où l’appel fort du Secrétaire général des Nations Unies M. Antonio Guterres qui estime ‘’En s’attaquant aux lois et pratiques discriminatoires, et en défendant les progrès déjà accomplis, nous pouvons garantir à toutes les femmes la dignité et la liberté qu’elles méritent et leur offrir les possibilités qui leur sont dues’’.


