Afrique: Flottes aériennes – La guerre des airs est lancée

Avec l’ouverture progressive du ciel africain, les grandes compagnies du continent renforcent leurs flottes pour capter une demande en forte croissance. Mais tous les pays ne partent pas sur la même piste.

Depuis la fin de la pandémie de Covid-19, l’Afrique assiste à une ruée vers les avions. Les grandes compagnies aériennes, portées par la relance touristique, l’expansion de la classe moyenne et la libéralisation progressive du ciel africain via le Marché unique du transport aérien en Afrique (Mutaa), s’engagent dans une véritable course au renforcement de leurs flottes.

Une carte redessinée du transport aérien africain

Selon les données du site spécialisé Planespotters, 1650 avions sont répartis entre 804 compagnies aériennes enregistrées sur le continent – soit une moyenne de seulement 2,05 avions par compagnie. Un chiffre trompeur, car de nombreuses compagnies enregistrées n’exploitent aucun avion, illustrant une fragmentation du secteur et une gouvernance parfois erratique. « Le nombre de compagnies ne reflète pas la puissance aérienne réelle. Seule une minorité concentre les actifs stratégiques », résume un analyste d’aviation à Nairobi.


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Les champions du ciel

Ethiopian Airlines (Éthiopie) mène la course avec 144 avions, une flotte jeune (8,3 ans en moyenne) et une stratégie ambitieuse : 270 appareils et 207 destinations à l’horizon 2035.

EgyptAir (Égypte) suit avec 71 avions, et 75 si l’on ajoute sa filiale cargo.

Airlink (Afrique du Sud), première compagnie privée, aligne 70 appareils, devant Royal Air Maroc (63 avec sa filiale RAM Express).

Air Algérie complète le Top 5 avec 54 avions.

« L’Afrique du Sud, le Kenya, l’Égypte, le Nigeria et l’Éthiopie concentrent l’essentiel de la puissance aérienne du continent », selon Boeing.

Par pays : Afrique du Sud en tête, l’Éthiopie en force

Afrique du Sud

Kenya

Égypte

Éthiopie

Nigeria

225 avions

203 avions

180 avions

154 avions

153 avions

Une Afrique à deux vitesses

À l’opposé, des pays comme le Burundi, le Lesotho, les Comores ou la Centrafrique comptent plusieurs compagnies enregistrées mais aucun avion. Parfois, le nombre de compagnies dépasse celui des appareils – symptôme d’un secteur sous-financé ou mal structuré.

Perspectives : ciel ouvert, concurrence accrue

Avec la rareté des avions neufs et des coûts de carburant volatils (jusqu’à 30 % des dépenses), les compagnies africaines misent sur le rajeunissement de leurs flottes. Objectif : gagner en rentabilité et accéder aux hubs régionaux en cours de structuration. « L’avenir appartient à ceux qui pourront allier densité de flotte, connectivité et efficacité énergétique », observe Airbus.

Le ciel africain est en ébullition

Entre libéralisation, compétition et modernisation, les compagnies les plus ambitieuses veulent transformer l’Afrique d’un marché fragmenté en un espace aérien intégré et performant. L’avenir dira qui saura réellement décoller.

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