Afrique du Sud: le nouvel ambassadeur américain convoqué après ses critiques sur la politique intérieure

À peine arrivé à Pretoria, le nouvel ambassadeur des États-Unis a suscité une polémique en critiquant certaines politiques sud-africaines. Leo Brent Bozell III a ainsi été convoqué, mercredi 11 mars 2026, par le ministère des Affaires étrangères, après des déclarations jugées contraires aux usages diplomatiques.

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Avec notre correspondant à Johannesburg, Valentin Hugues

Mardi 10 mars, depuis une petite ville au sud du pays, Leo Brent Bozell III a pris la parole pour la première fois en sa qualité d’ambassadeur américain. Il en a profité pour critiquer la politique intérieure d’Afrique du Sud, en s’en prenant notamment pris aux politiques de discrimination positive, qui visent à favoriser une participation économique plus large des populations historiquement désavantagées.

Figure controversée, notamment pour son opposition historique au mouvement anti-apartheid et à la figure de Nelson Mandela, le diplomate a provoqué des réactions courroucées. Le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola,a rejeté les accusations de « racisme inversé » évoquées par Leo Brent Bozell III :

« Ce programme d’autonomisation économique n’est pas du  »racisme inversé », comme l’a malheureusement insinué l’ambassadeur. Il s’agit d’un instrument fondamental, conçu pour remédier aux déséquilibres structurels liés à l’histoire unique de l’Afrique du Sud. Un impératif constitutionnel que le gouvernement sud-africain ne peut pas – et ne veut pas – abandonner. »

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Une polémique autour du chant « Kill the Boer »

À peine arrivé en poste, l’ambassadeur conservateur a donc déjà été rappelé à l’ordre. Sur les réseaux sociaux, une autre phrase prononcée lors de son discours a également suscité de nombreuses réactions. « Concernant le chant  »Kill the Boer », nous pensons que c’est un discours de haine. Désolé, je me fiche de ce que disent vos tribunaux », a-t-il déclaré. Ce chant anti-apartheid est au cœur de controverses en raison de ses paroles violentes. Toutefois, la justice sud-africaine ne le considère pas comme un discours de haine.

Selon Zane Dangor, directeur général du département des Affaires étrangères, Leo Brent Bozell III est revenu sur ses propos lors de leur entretien. « Il s’est excusé et a exprimé ses regrets, y compris pour le commentaire qui semblait porter atteinte au pouvoir judiciaire », a-t-il indiqué.

Depuis, l’ambassadeur américain a précisé que « le gouvernement américain respecte l’indépendance du système judiciaire sud-africain ».

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