Afrique de l'Ouest: Concurrence et climat des affaires – Le Sénégal renforce son dispositif de régulation du marché

Un séminaire national d’information et de sensibilisation sur le droit et la politique de concurrence s’est ouvert ce 10 mars à Dakar et se poursuivra jusqu’au 13 mars. La rencontre, présidée par M. Seydina Ababacar Sadikh Ndiaye, secrétaire général du ministère de l’Industrie et du Commerce, vise à vulgariser les règles de concurrence et à sensibiliser les acteurs publics et privés afin de favoriser un meilleur fonctionnement du marché.

Organisé par la Commission de l’Union économique et monétaire ouest‑africaine (UEMOA) avec l’appui technique et financier du Programme d’appui à la concurrence et à la sécurité des Produits de consommation (PACoSPro), ce séminaire s’inscrit dans une dynamique régionale visant à améliorer l’environnement des affaires, la compétitivité et la croissance des économies d’Afrique de l’Ouest.

La rencontre a réuni plusieurs catégories d’acteurs impliqués dans le fonctionnement des marchés, notamment des agents de contrôle du ministère en charge du Commerce, des professionnels des secteurs des assurances, de la banque et de la pharmacie, ainsi que des journalistes économiques et des associations de consommateurs.

Un outil au service de l’économie compétitive


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Selon M. Ndiaye, ce séminaire intervient à un moment stratégique pour le Sénégal, dans un contexte marqué par l’adoption de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, une nouvelle vision de développement articulée autour de quatre axes majeurs.

L’un des piliers de cet agenda est la construction d’une économie compétitive. À ce titre, l’amélioration de l’environnement des affaires constitue un objectif central du gouvernement, et la politique de concurrence représente un levier déterminant pour y parvenir.

Le secrétaire général du ministère de l’Industrie et du Commerce souligne que dans les pays où les règles de concurrence sont claires, prévisibles et transparentes, l’attractivité économique est renforcée et les investissements étrangers directs sont plus importants. « La concurrence constitue donc un instrument essentiel pour soutenir le développement économique », a-t-il expliqué.

Un levier pour protéger les consommateurs et stimuler l’innovation

De son côté, M. Amadou Tchambou, représentant résident de l’Uemoa, a mis en avant le rôle central de la concurrence dans la régulation des économies modernes.

Selon lui, la politique de concurrence occupe une place fondamentale dans le bon fonctionnement des marchés. Elle contribue à la protection des consommateurs tout en renforçant la compétitivité des entreprises.

Dans un contexte marqué par la mondialisation des marchés, l’accélération des innovations technologiques et le renforcement des processus d’intégration régionale, garantir une concurrence saine devient, selon lui, une nécessité stratégique pour les États.

Il rappelle que la concurrence se définit généralement comme la situation dans laquelle plusieurs entreprises cherchent à gagner la préférence des consommateurs sur un même marché. Cette rivalité économique génère plusieurs effets positifs.

Pour les consommateurs, elle favorise des prix plus compétitifs, une amélioration de la qualité des produits et services ainsi qu’une plus grande diversité de l’offre. Elle encourage également l’innovation.

Pour les entreprises, la concurrence stimule la productivité et favorise l’investissement. À l’échelle nationale, elle contribue à une meilleure allocation des ressources, renforce la compétitivité internationale et soutient la croissance économique.

Dans ce contexte, le représentant de l’UEMOA estime qu’il est essentiel de renforcer la connaissance et l’appropriation des règles de concurrence par l’ensemble des acteurs économiques et institutionnels.

Le séminaire permettra ainsi d’aborder plusieurs thématiques importantes, notamment les règles communautaires de concurrence, les procédures de mise en œuvre de ces règles, les pouvoirs de la Commission en matière de concurrence et le partage des compétences entre les institutions nationales et régionales.

Le soutien de l’Union européenne à la compétitivité économique

Le représentant de l’Union européenne au Sénégal, M. Amaury Hoste, a rappelé que l’appui européen au processus d’intégration économique en Afrique s’inscrit dans une stratégie plus large de soutien à la compétitivité des économies du continent.

Au Sénégal, cet accompagnement s’inscrit notamment dans le cadre de l’initiative Global Gateway et de l’approche Team Europe, qui visent à coordonner les interventions et les instruments mis à disposition par les États membres de l’Union européenne.

À travers ces initiatives, l’Union européenne soutient plusieurs programmes destinés à encourager l’entrepreneuriat, faciliter l’accès au financement et créer un environnement favorable au développement du secteur privé.

Ces programmes mettent également l’accent sur l’inclusion économique, la résilience climatique et la durabilité, tout en accordant une attention particulière à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.

Ils visent enfin à renforcer la compétitivité et la résilience des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) au Sénégal, notamment dans les principales chaînes de valeur économiques.

Renforcer la culture de la concurrence

À travers ce séminaire, les autorités sénégalaises et leurs partenaires entendent ainsi promouvoir une meilleure compréhension des règles de concurrence et renforcer les capacités des différents acteurs afin de favoriser l’émergence d’un marché plus ouvert, plus transparent et plus compétitif.

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