Afrique: Compétitivité durable à l'ère de l'intelligence artificielle – Le continent invitée à prendre toute sa place

La rentrée solennelle de l’année académique 2026 du Centre africain de management et de perfectionnement des cadres (Campc) a été marquée, le jeudi 19 février 2026, par une conférence inaugurale placée sous le thème : « Gouvernance des entreprises et des organisations en Afrique : quels leviers pour un développement et une compétitivité durable à l’ère de l’Intelligence artificielle (Ia) ? »
Pour la conférencière, Sali Ouattara, à l’ère de l’Ia, l’Afrique ne peut plus se contenter d’un rôle de spectatrice ; elle doit désormais prendre toute sa place. « Nous sommes un continent qui a longtemps été consommateur.
Aujourd’hui, avec toutes nos capacités, nos infrastructures, notre intelligence et surtout nos compétences locales, nous avons envie de construire et d’accompagner nos cadres et notre jeunesse à travers la formation, mais aussi par les investissements, afin de permettre à nos économies, à nos entreprises et à nos organisations de gagner en compétitivité et de soutenir le développement de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique », a-t-elle déclaré.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Selon elle, l’Ia offre plusieurs leviers d’action aux organisations, notamment en matière d’efficacité grâce à l’automatisation. Ainsi, une tâche répétitive qu’un humain peut exécuter en plusieurs jours peut être réalisée en quelques secondes par un outil d’intelligence artificielle. Toutefois, a-t-elle précisé, l’objectif n’est pas de laisser l’Ia agir seule, mais de faire faire par l’Ia, tout en conservant un rôle de garde-fou.
Elle a également insisté sur l’importance de la traçabilité et de l’analyse des données collectées et sauvegardées, afin de renforcer la prise de décision fondée sur des données réelles.
À titre d’exemple, elle a cité les systèmes de détection de fraude dans le secteur bancaire, la détection précoce des maladies dans le domaine médical, l’optimisation des rendements agricoles ou encore la détection des pannes dans les réseaux électriques. « Il existe aujourd’hui plusieurs cadres permettant aux entreprises de se développer et de tirer pleinement parti du potentiel des technologies », a-t-elle confié.
En effet, l’Afrique connaît une transformation économique et institutionnelle profonde, marquée par l’essor du secteur privé, la modernisation des administrations publiques et l’intégration progressive aux chaînes de valeur mondiales. Toutefois, cette dynamique reste freinée par des défis persistants de gouvernance, notamment l’insuffisance de transparence, la faiblesse des mécanismes de reddition des comptes, une gouvernance d’entreprise inégale et une gestion des risques encore limitée.
C’est dans ce contexte que l’intelligence artificielle s’impose comme un levier stratégique majeur de compétitivité, d’innovation et de performance organisationnelle. Elle transforme en profondeur la prise de décision, l’allocation des ressources, la gestion des talents, la conformité, la relation client ou usager, ainsi que la mesure de la performance.
Selon la conférencière, le poids de l’Afrique dans le domaine de l’intelligence artificielle à l’échelle mondiale demeure toutefois faible, avec une valeur estimée entre 4 et 5 milliards de dollars américains en 2025, soit une part marginale des investissements mondiaux, évaluée entre 1 et 1,5 %.


