Afrique Centrale: L'imbroglio et l'introuvable cessez-le-feu encore et toujours !

La paix en RDC, depuis l’offensive du M23 en novembre 2021, est devenue une arlésienne. Les jours, les médiateurs, les initiatives passent, les annonces d’accord de paix, de cessez-le- feu aussi, sans que le sésame de la concorde s’ouvre pour cette région meurtrie du pays.
Une récurrence des hostilités qui mettent à mal les populations, l’économie, la coopération entre pays voisins mais aussi avec les entreprises locales et multinationales qui ne peuvent exécuter efficacement les contrats miniers dont elles sont détentrices. C’est à croire que même la toute puissante Amérique et son volontariste de président n’arrivent pas à faire entendre raison aux belligérants de cette sale guerre.
La faute à la multiplicité des protagonistes dans ce conflit, les uns plus hors la loi que les autres, sans foi dans aucune médiation qui leur enlèverait des mains les minerais ensanglantés dont ils font leurs choux gras et leur raison de prendre les armes. En effet, outre le gouvernement Félix Tshisekedi, celui de Paul Kagame, le M23 des Sultani Makenga, Jean Marie Runiga, Bertrand Bisimwa, etc., il y a d’autres protagonistes que l’on entend moins mais qui sont aussi nuisibles à la paix dans l’est de la RDC.
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On citera volontiers les miliciens Wazalendos, alliés des forces armées congolaises, et les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple, pro M23. Quid des autres pays voisins, notamment le Burundi, qui accueillent beaucoup de réfugiés, a fermé sa frontière avec la RDC, et mis son armée en alerte permanente ?
La multiplicité des protagonistes et antagonistes dans cette crise explique que les nombreux accords de paix signés depuis 2013 fassent long feu. Il est vrai que si les principaux antagonistes du conflit que sont la RDC et le Rwanda se donnaient sincèrement la main pour faire la paix, leur accord pourrait avoir un effet domino sur les autres protagonistes. Hélas, on n’en est pas encore là et ce n’est pas demain la veille que Kinshasa et Kigali fumeront le calumet de la paix.
On en voudrait pour preuve cet échec de la dernière initiative du président sortant de l’Union africaine, Joao Lourenço d’Angola. Mercredi dernier, à l’issue d’une réunion convoquée avec l’appui du comité Ad hoc de l’organisation continentale, dont font partie le président togolais et l’ancien président du Nigeria Olesegun Obasanjo, les délégations congolaise, rwandaise et des rebelles du M23 annonçaient un cessez-le-feu. Malgré les bonnes dispositions du président Félix Tshisekedi pour son application, les armes continuent de crépiter à Bukavu, obligeant le Burundi à garder ses frontières fermées au grand dam des populations frontalières.
C’est en tout cas le constat amer fait par le gouverneur pro-Kinshasa de la région du Sud-Kivu qui, au cours d’une visite à Bukavu, a dit sa frustration. Pour lui, il y a « un sentiment d’impuissance face à cette souffrance. Nous voulions que la province, la frontière soit ouverte le plus rapidement possible. Mais il y a aussi des impératifs sécuritaires liés à la réalité des deux pays. Il faut savoir que l’ennemi n’est pas si loin que ça. Il est ici à 30 km, dans les hauteurs. »
Tout est dit et pour la paix en RDC, médiateurs, facilitateurs, et plus encore le citoyen lambda, peuvent continuer de ronger leurs freins !

