Afrique Centrale: Le Cameroun lancera le mois prochain son premier recensement depuis deux décennies

Le Cameroun entamera son quatrième recensement général de la population et de l’habitat le 24 avril, et les opérations sur le terrain se poursuivront jusqu’au 29 mai, marquant ainsi le premier recensement complet du pays depuis 2005.

Le calendrier a été fixé par un décret signé le 6 mars par le Premier ministre Joseph Dion Ngute. Le recensement de la population sera mené parallèlement au recensement général de l’agriculture et de l’élevage dans le cadre d’un exercice conjoint de collecte de données.

L’opération met fin à un processus lancé en 2015 qui a connu des retards répétés. En l’absence de données de recensement actualisées, les autorités se sont appuyées sur des projections basées sur le recensement de 2005, qui estimait la population à environ 20 millions d’habitants. Le manque de données récentes a limité la planification des politiques, en particulier dans des domaines tels que la structure des ménages, la migration interne et la répartition régionale de la population.


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Le gouvernement a déclaré que le nouveau recensement soutiendra la planification budgétaire et guidera les investissements dans les infrastructures, notamment les écoles, les établissements de santé, les systèmes d’approvisionnement en eau et les réseaux de transport. Les autorités cherchent également à mieux aligner les dépenses publiques sur la croissance urbaine rapide.

Le recensement combiné fournira également des données détaillées sur l’agriculture et l’élevage, y compris les inventaires agricoles, les terres cultivées et les tendances de la production. Ces informations devraient faciliter l’analyse des revenus ruraux et la planification de la sécurité alimentaire, tout en réduisant les coûts opérationnels grâce à la fusion des deux efforts de collecte de données.

Points clés à retenir

Le recensement du Cameroun met en lumière un problème plus large dans de nombreuses économies africaines, où des données démographiques obsolètes affectent la planification économique et les décisions d’investissement. Les données démographiques sont essentielles pour la politique fiscale, l’allocation des infrastructures et les investissements du secteur privé. En l’absence de données de recensement récentes, les gouvernements s’appuient sur des estimations qui peuvent ne pas refléter les changements en matière d’urbanisation, de migration ou de niveaux de revenus des ménages.

Le dernier recensement du Cameroun datant de 2005, les décideurs politiques travaillent avec des données vieilles de plus de 20 ans. Cela crée des lacunes dans la planification de secteurs tels que le logement, l’éducation et les soins de santé. Le nouveau recensement fournira une base de référence pour les stratégies de développement à long terme et améliorera le ciblage des dépenses publiques. Il soutiendra également les institutions internationales telles que la Banque mondiale, qui cofinance une partie de l’opération par l’intermédiaire de programmes statistiques régionaux.

Le coût total du recensement est estimé à environ 13,28 milliards de FCFA, dont plus de 7 milliards sont financés par des partenaires extérieurs et le reste par l’État. La combinaison du recensement de la population avec la collecte de données sur l’agriculture et l’élevage reflète une évolution vers des systèmes de données intégrés visant à réduire les coûts et à améliorer la couverture statistique. Les investisseurs et les partenaires de développement utiliseront les données actualisées pour évaluer la taille du marché, les tendances de la main-d’oeuvre et la dynamique de croissance régionale, qui sont des éléments clés pour les décisions d’allocation de capital à long terme.

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