Afrique: CAN 2025 – Abdoulaye Seydou Sow dénonce un "déni de justice"

La CAN 2025 est loin de connaître son épilogue. Dans une interview accordée à France 24 ce vendredi 20 mars, le secrétaire général de la Fédération sénégalaise de football, Abdoulaye Seydou Sow, est monté au créneau pour dénoncer un « déni de justice », face à la décision de la Confédération africaine de football de retirer le titre de « Champion d’Afrique » au Sénégal.
Un verdict orienté
Pour le dirigeant sénégalais, il ne s’agit pas d’une simple erreur d’appréciation, mais d’une décision profondément biaisée. Il parle sans détour de « forfaiture » et de « déni de justice », remettant en cause la légitimité même du verdict rendu par le jury d’appel.
Selon lui, les faits ont été déformés. Le Sénégal n’a jamais abandonné le match : les joueurs ont quitté temporairement la pelouse avant de revenir, permettant à la rencontre d’aller à son terme.
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« Quitter le terrain et revenir n’a rien à voir avec un abandon » a-t-il déclaré. Un élément fondamental qui, selon l’autorité sénégalaise, invalide l’application des textes invoqués par la CAF.
Il insiste notamment sur le rôle central de l’arbitre, seul maître du jeu, dont les décisions font foi une fois le match terminé. Dès lors, le résultat acquis sur le terrain ne saurait être remis en cause par une interprétation a posteriori.
Il va plus loin en évoquant une volonté délibérée d’orienter l’issue du dossier : « Ce qui importait, ce n’était pas la sanction, mais de donner la coupe au Maroc. » Une déclaration qui alimente la thèse d’un verdict influencé, loin de toute neutralité sportive.
Une remise en cause de l’instance africaine
Au-delà du cas sénégalais, c’est toute la gouvernance du football africain qui est pointée du doigt.
Abdoulaye Seydou Sow dénonce une indépendance de façade au sein des instances décisionnelles : « On parle d’indépendance dans les textes, mais dans la réalité, les décisions sont prises ailleurs ».
Sans accuser frontalement, il laisse planer le doute sur d’éventuelles influences extérieures ayant pesé sur le processus. Il évoque également des éléments troublants survenus en amont du verdict, laissant entendre que d’autres révélations pourraient émerger.
Pour lui, cette affaire dépasse largement le Sénégal. « Ce combat est celui de tous les pays africains qui croient en la justice sportive » a-t-il soutenu. Une manière d’alerter sur les dérives potentielles d’un système qui, selon lui, fragilise la crédibilité du football continental.
Il va jusqu’à affirmer que l’Afrique « fait aujourd’hui la risée du monde », soulignant l’isolement croissant de la CAF face à une décision qui peine à convaincre au-delà de ses propres cercles, car aucun acteur crédible du football n’a validé la décision de l’Instance continentale.
La saisine du TAS
Face à ce qu’il considère comme une impasse au niveau continental, le Sénégal se tourne désormais vers le Tribunal arbitral du sport, présenté comme l’ultime recours crédible.
« Le Sénégal saisira la voie qui lui reste », affirme Mr Sow, tout en exprimant sa confiance dans cette juridiction internationale, reconnue pour son indépendance et son sérieux. « Jusque-là, on n’a pas grand-chose à reprocher au TAS », conclut-il.
Pour les autorités sénégalaises, l’enjeu dépasse la simple récupération d’un trophée. Il s’agit, selon les mots du secrétaire général, de « restaurer le droit et la dignité ».
Au-delà du verdict contesté, cette crise ouvre une séquence aux implications multiples. L’issue de ce bras de fer juridique pourrait redéfinir l’avenir du football africain, mais aussi impacter les relations entre fédérations, voire entre États.


