À Madagascar, les autorités veulent refonder une police nationale décriée par les collectifs d'usagers

À Madagascar, les autorités ont lancé une opération d’envergure en vue de reprendre en mains une police nationale en pleine crise de confiance. Le 3 mars 2026 à Antananarivo, les autorités ont ouvert un mois de consultations nationales déclinées dans les 23 régions du pays. Un programme censé adapter l’institution aux défis de la cybercriminalité ou des trafics. Une institution présentée par le colonel Michaël Randrianirina comme un « pilier de la stabilité » du régime. Si la direction se veut ambitieuse à l’horizon 2036, les collectifs d’usagers, confrontés au racket quotidien, restent cependant sceptiques.
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Avec notre correspondante à Antananarivo, Aurélie Kouman
S’adressant aux gradés, le colonel Michaël Randrianirina, qui dirige Madagascar depuis octobre 2025, a exposé les orientations de son administration. Pour le président de la Refondation, il s’agit de faire de la police « un pilier de la stabilité interne », selon ses termes. « Le peuple attend des réformes profondes. Il vous appartient d’être dignes de sa confiance », a-t-il affirmé.
Une ligne relayée par la hiérarchie policière qui veut adapter l’institution aux menaces internationales, comme les trafics ou la cybercriminalité. Pour le Directeur général, Jean-Victor Tsaramonina, il faut pour cela combattre le racket des agents de circulation.
« Le changement ne se décrète pas »
Un discours qui peine pourtant à convaincre la rue. Pour les collectifs d’usagers contactés, le mal est structurel : ils décrivent une institution historiquement au service du pouvoir, où des agents précarisés ont transformé le racket en mode de survie. Pour ces observateurs, « le changement ne se décrète pas, il doit mettre fin à des décennies d’impunité ».
Un défi à relever pour la Grande Île qui, selon le dernier rapport du Global Safety Report, reste parmi les cinq pays les moins bien classés au monde en matière de sécurité et de confiance envers sa police, aux côtés du Venezuela et de la République démocratique du Congo.
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