À Lagos, une foire d’art contemporain qui met l’accent sur la diversité des talents au Nigeria

Lagos, au Nigeria, accueille la 3e édition de +234 Art Fair, une foire d’art contemporain avec la participation de près de 400 artistes venus des quatre coins du pays. Le thème de cette année est l’inclusivité. Peintures, sculptures, arts digitaux sont exposés jusqu’au 8 mars à l’EcoBank Centre.
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Avec notre correspondante à Lagos, Harmony Pondy Nyaga
Dès l’entrée, une installation dans une cabine aux murs rouges couleur terracotta, du raphia et des sacs en toile de jute transportent les visiteurs de l’exposition dans le nord du Nigeria mais aussi la tragique actualité des attaques islamistes et criminelles qui l’accompagne, notamment à travers les regards méfiants et apeurés des portraits peints à l’acrylique de Bara Sketchbook. « Cette installation s’appelle Espace de Mémoire, explique l’artiste. À cause, vous savez, du chaos, de l’insurrection, de tout ce qui se passe dans le nord du Nigeria. Nous ne cherchons pas à idéaliser la situation. Nous en sommes simplement les témoins. Ces choses se sont produites. Des gens sont morts. C’est un sujet difficile à aborder, mais c’est la réalité ».
« C’est dommage que Lagos soit le centre principal de l’art au Nigeria »
Les curateurs de +234 Art Fair ont souhaité cette année inclure des artistes au-delà du vivier de la capitale culturelle Lagos, en allant dénicher des talents dans 17 des 36 États du Nigeria, explique Mofé Ideh, curatrice de l’exposition : « Il y a tellement d’artistes talentueux dans tout le Nigeria et il est vraiment dommage que Lagos soit actuellement le centre principal de l’art au Nigeria. Nous essayons donc de faire connaître ces artistes parce que beaucoup d’entre eux sont en train d’abandonner. Par exemple, lors de nos voyages, nous avons parlé à beaucoup d’artistes qui nous ont dit qu’ils n’avaient pas les moyens d’acheter du matériel artistique faute de soutien là où ils se trouvent. Les gens autour d’eux ne comprennent pas forcément ce qu’ils font. »
Jusqu’au 8 mars, en plus de près d’un millier d’œuvres exposées au public et aux futurs collectionneurs, se tiendront des discussions autour de la création de réseaux inclusifs féminins ou comment construire sa carrière artistique.



