À la Une: en RDC, la démolition du bidonville de Pakadjuma et un vol pour l'espoir à Goma

D’abord ce titre sans détour dans Forum des As : « Pakadjuma… trois morts et plusieurs blessés après la démolition ». Le quotidien revient sur « la brusque démolition des logis de fortune » qui a provoqué la colère mardi dernier des habitants du bidonville Pakadjuma érigé sur la voie ferroviaire de l’Office national des transports, le long du quartier industriel de Kinshasa.
Forum des As Parle des sinistrés « Révoltés » qui ont envahi la rue, certains allant jusqu’à saccager une station-service, un sous-commissariat et des commerces. Son récit fait état de « tirs à balles réelles, d’affrontements entre groupes de jeunes et d’actes de pillage », plongeant le quartier dans une forte instabilité. Le bilan provisoire évoque « au moins trois morts et plusieurs blessés », dont certains atteints par armes blanches. Le quotidien rapporte que les habitants dénoncent « une répression brutale » et réclament « relogement, indemnisation et dialogue ».
Dans la même veine, Econews se montre sévère et estime que « ces émeutes de Pakadjuma mettent à nu une gouvernance à vue ». Le trihebdomadaire parle de « décisions improvisées » et d’« absence criante de planification ». Si le principe de déguerpissement peut se justifier, écrit-il, « le chaos qui a paralysé les avenues des Poids Lourds et de la Funa révèle les limites d’une gestion urbaine gouvernée au pifomètre ». Le journal y voit « un aveu d’échec pour l’exécutif provincial », incapable de rassurer une mégapole de plus de dix millions d’habitants.
La cheffe de la Monusco à Goma
Changement de registre avec le quotidien Le Potentiel qui braque les projecteurs sur l’Est du pays : « Vivian van de Perre, un atterrissage d’espoir à Goma ». Le journal décrit « le silence du tarmac de l’aéroport international de Goma, brisé » par le retour d’un appareil onusien après plus d’un an d’isolement aérien. Pour une ville longtemps « coupée du ciel » depuis la prise de la ville de Goma par les rebelles de l’AFC/M23, l’événement fait figure de bouffée d’oxygène humanitaire et économique.
« Un moment historique », écrit le tabloïd parlant de la cheffe de la Monusco qui était « à bord du dernier avion à quitter » Goma avant sa chute et aujourd’hui « à bord du premier appareil à y atterrir de nouveau ».
Congo Nouveau, un autre trihebdomadaire parle d’un « atterrissage hautement symbolique » et affirme qu’il signifie d’une part que la Monusco « reprend possession de son terminal, ce qui va permettre une reprise des vols de l’ONU et potentiellement des vols humanitaires et que les Nations unies ont très certainement obtenu des garanties sécuritaires de la part de l’AFC/M23 ».
Ces garanties, rappelle le confrère, « avaient été demandées il y a quelques jours par le secrétaire général adjoint de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, afin d’utiliser cet aéroport pour effectuer des missions de reconnaissance aérienne, avant un déploiement de Casques bleus à Uvira, dans la province voisine du Sud-Kivu ».
L’initiative diplomatique de l’Angola
Enfin, Ouragan s’intéresse aux efforts diplomatiques régionaux et titre : « Luanda presse pour une trêve dès le 18 février ». Pour ce tabloïd, « l’Angola tente d’imposer un temps d’arrêt dans le conflit qui oppose les forces congolaises au M23 »
À travers une initiative diplomatique rendue publique par sa présidence, Luanda a proposé un cessez-le-feu à compter du 18 février à midi.Une initiative qui nourrit autant d’espoirs que de prudence. Notre confrère est formel : mandaté récemment facilitateur africain, l’Angola se met désormais au centre du jeu régional.



