À la Une: des scrutins «apaisés» mais encore des défis à relever

L’année 2025 s’achève, comme l’observe Afrik.com, « sur une séquence électorale dense et symbolique » pour la Guinée, la Côte d’Ivoire et la Centrafrique. « Des scrutins majeurs, chacun révélateur de dynamiques politiques propres, mais aussi de défis communs », souligne le site internet, concernant la « participation électorale, la crédibilité des processus et le rapport entre pouvoir et opposition ». En Guinée, d’abord : les différents médias du pays confirment que le premier tour de l’élection présidentielle s’est déroulé dans « le calme », malgré une certaine « confusion », pointée notamment par Guinée360, au moment de la prorogation de l’heure de clôture des bureaux de vote.
« Force est de reconnaître que le scrutin s’est déroulé dans le calme et la sérénité », affirme Le Djely, en rappelant que « la dernière présidentielle, en 2020, s’était tenue dans un climat de quasi-chaos ». Mais le journal en ligne guinéen note un bémol : « la mobilisation des électeurs n’a pas été à la hauteur des attentes exprimées par les autorités », ce qui doit donc leur servir de « message ».
Le Djely constate, entre autres, que « de nombreux jeunes préféraient suivre les matchs » de la Coupe d’Afrique des nations. Autre explication possible de « ce peu d’enthousiasme » constaté par Le Djely : « le boycott observé chez une partie des sympathisants des opposants absents au scrutin ». Et donc, en parallèle, « le sentiment que l’issue de l’élection était connue d’avance ».
« Une suite de la transition ? »
Depuis le Burkina Faso, Wakat Séra rappelle effectivement le contexte : pour prendre le pouvoir « en tant que civil », après le coup d’État de 2021, « le général Mamadi Doumbouya a pris le soin de faire le nettoyage autour de lui, contraignant ses opposants à l’exil ». « Le président déchu, Alpha Condé, et les deux anciens Premiers ministres ont dû suivre, en spectateurs, loin de leur pays, cette élection présidentielle présentée comme la fin de la transition politique élastique et fermée imposée à la Guinée par le général Mamadi Doumbouya. » Mais Wakat Séra pose une question : « Avec les mêmes au pouvoir, sauf tsunami, n’assistera-t-on pas à une suite de la transition ? »
Le site burkinabè pose, aussi, une autre question, concernant cette fois-ci la Côte d’Ivoire : « Jusqu’à quand » se poursuivra le « règne presque sans partage du parti présidentiel sur la vie politique ivoirienne ? » Puisque, « comme un remake de la victoire écrasante de son candidat Alassane Ouattara à la présidentielle, c’est vers un raz-de-marée que se dirige le RHDP » après les législatives de ce week-end, selon Wakat Séra. Alors « jusqu’à quand » ? La question « demeurera sans réponse tant que le PPA-CI (de l’ancien président Laurent Gbagbo, NDLR) continuera à bouder les élections, que le PDCI n’aura pas de plan B alors que son président Tidjane Thiam est inéligible sur décision de la justice de son pays, et que le RHDP n’ouvrira pas réellement le jeu politique pour permettre à ses adversaires de se mesurer à lui, à armes plus ou moins égales ».
« L’enjeu dépasse la simple arithmétique électorale »
En Centrafrique, aussi, « les rapports de force sont déséquilibrés ». « Le président sortant, Faustin-Archange Touadéra, évolue en situation de quasi-monopole politique », rappelle Le Pays, depuis Ouagadougou. « Face à lui, une opposition morcelée, presque évanescente. Dans un pays meurtri par plus d’une décennie de violences et toujours exposé à des attaques sporadiques de groupes armés résiduels, cette asymétrie politique, résume Le Pays, fait du chef de l’État le grand favori » d’un scrutin inédit, puisqu’il s’agissait non seulement d’une présidentielle et de législatives, mais aussi d’élections municipales et régionales: les premières depuis presque 40 ans.
« Dans ces trois pays, l’enjeu central de tous ces scrutins dépasse largement la simple arithmétique électorale. À Bangui, à Conakry comme à Abidjan, la réconciliation nationale et l’apaisement doivent constituer le cœur battant des politiques publiques, et non de simples slogans de circonstance, écrit Le Pays. L’Afrique contemporaine regorge d’exemples de pouvoirs électoralement confortés mais brutalement renversés, non par les urnes, mais par les armes. Les vainqueurs de ces scrutins doivent en tirer les leçons, et se rappeler que gouverner exige certes une main ferme, mais surtout une main tendue, seule garante d’une paix durable et à même de barrer la route aux fracas des armes. »



