À la frontière du Burkina, le ralentissement des échanges commerciaux pèse sur les commerçants ivoiriens

Au Burkina, les importations et les exportations de produits céréaliers sont soumises à des autorisations spéciales, ce qui réduit fortement les échanges commerciaux avec les pays voisins. En Côte d’Ivoire ces derniers mois, producteurs et commerçants vivent difficilement le ralentissement de ces échanges commerciaux. 

Karim, la vingtaine, est agriculteur à Zoumananvogo, village proche de la frontière avec le Burkina. Cette année, ce jeune a produit trois tonnes de maïs. Problème : les prix ne sont pas intéressants. « Cette année, les prix sont trop bas. L’année dernière, un sac de maïs se vendait à 15 000 FCFA (environ 23 euros). Et cette année, c’est passé à 10 000 FCFA. Au final, le kilo de maïs revient quasiment à 100 FCFA. Ça m’a vraiment plombé. Avant la crise au Burkina, les échanges étaient faciles : les clients Burkinabè franchissaient la frontière, juste à côté, et je leur vendais mon maïs. Mais à cause de la crise sécuritaire, ils ne viennent plus. Je vends ma récolte à Ouangolodougou ».

Ouangolodougou est un carrefour commercial au nord de la Côte d’Ivoire. C’est une ville tournée à la fois vers le Mali et le Burkina. Issa Coulibaly est commerçant. Une commande vient de tomber : des manœuvres transportent des sacs de céréales dans un camion.

Ce commerçant se sent aussi pénalisé par la baisse des prix du maïs. « Quand le prix de ces produits vivriers, qu’ils (les producteurs, ndlr) doivent vendre, est bas, cela nous dérange. Car un prix aussi bas, tu sais que si tu l’achètes au paysan, il ne va pas s’en sortir demain. Ça ne va pas lui donner le courage de produire beaucoup, et nous, ça nous décourage. Donc le prix avec lequel tout le monde doit s’en sortir, c’est ce prix qu’on ne trouve pas ces derniers temps ».

Des difficultés de trésorerie à l’origine du ralentissement

Les commerçants affirment constater un ralentissement dans le commerce du maïs en direction du Burkina ces derniers mois. Un problème sans doute lié à des difficultés de trésorerie, estime Abdoulaye Ouattara, le vice-président des commerçants de Ouangolodougou. « Quand on commence les récoltes, les produits sont là, mais l’écoulement est difficile. Tant que les pays voisins ne viennent pas faire des achats dans la zone, c’est difficile d’avoir des prix abordables tels que les paysans souhaitent avoir. Ensuite, on a du mal à écouler (le maïs, ndlr) dans notre propre pays. Quand on fait partir quelques camions, on remarque que le marché est lent. Tout est à crédit. Cela fatigue beaucoup les commerçants ».

Ce responsable évoque des difficultés similaires pour le commerce de mil et de sorgho. Producteurs et commerçants misent donc sur d’autres produits, comme l’anacarde, dont une partie des ventes est vouée à être transformée localement.

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