À Kinshasa, les marionnettes géantes sortent de leur festival

En RDC, c’est la clôture de la deuxième édition du Festival international des arts de la scène « Série 7 », qui s’est tenu à Kinshasa du 20 au 22 mars. Théâtre, danse, slam, les artistes se sont donnés rendez-vous pour mettre à l’honneur les arts de la scène. Parmi eux, le collectif Mpeve, des artistes performeurs qui se costument avec des déchets pour alerter sur la pollution à Kinshasa.
De notre correspondante à Kinshasa,
Le collectif Mpeve réunit une dizaine d’artistes performeurs. Tous se débrouillent et créent avec ce qu’ils trouvent à portée de main : miroirs brisés, boutons, cuillères, sacs en plastique, chaque costume est unique et porte un message environnemental. « J’ai utilisé le caoutchouc de chambres à air de pneus, décrit Duda, artiste performeur. [Sur mon costume], je parle de pollution environnementale. Chez nous, là-bas, dans mon quartier, chaque jour on est pollués par des fumées, des usines, de l’eau sale. »
L’artiste opère les derniers ajustements sur son costume, qui s’appelle « poubelle ». Il est composé de : « Déchets recyclés, il y a des plastiques, des emballages de chips, il y a des biscuits… C’est un peu une technique mixte de collage et de couture. » Une fois son costume enfilé, Douda se transforme en véritable bibendum de déchets.
Ce jour-là, les artistes déambulent sur une avenue en plein centre-ville de Kinshasa, en RDC. Au rythme des tambours, ils se faufilent entre les voitures et s’amusent avec les passants.
À lire aussiRDC: les Kinois veulent s’attaquer aux déchets plastiques qui inondent la capitale
L’art de la performance comme libération
À Kinshasa, l’art de la performance a explosé dans les années 2000. « Ce mouvement est parti d’abord d’une façon de se libérer, explique Mualu Mwela, metteur en scène et organisateur du festival Série 7. La performance qui voulait à la fois ne pas être le théâtre, mais être le théâtre, qui ne voulait pas être la danse, mais à la fois être la danse. Ça englobait presque toutes ces disciplines pour en faire une discipline à part entière, pour en faire un mouvement à la fois visuel mais aussi vivant. »
Au fil des années, ces bibendums géants, à la fois déglingués et futuristes, sont devenus mythiques. « Quand on parle de Kinshasa, on parle de la performance. Parce que la performance, elle est vaste. À Kinshasa, les embouteillages de la ville, c’est déjà une performance, analyse Mualu Mwela. C’est très, très politique parce que tout ce qui se raconte à travers la performance est souvent le quotidien de ce peuple qui, parfois, n’arrive pas à s’exprimer. »
Une dizaine de collectifs d’artistes performeurs sont actifs à Kinshasa, ville tentaculaire qui représente, pour ces artistes, un vivier inépuisable d’inspiration.
À lire aussiRDC: le centre Ndaku ya-La vie est belle décentralise l’art pour tous et dénonce la pollution au plastique



