Tunisie: les maisons d’hôtes attendent un cahier des charges en phase avec l'évolution du tourisme

En Tunisie, les maisons d’hôtes se multiplient avec une progression de 10 % cette année, mais elles manquent encore d’un cahier des charges adapté. Sur les 2 000 maisons d’hôtes que compte le pays, seules 300 seraient aux normes. Un nouveau cahier des charges est en passe d’être voté au Parlement. Les professionnels du tourisme attendent ce nouveau cadre législatif depuis des années, les anciens textes étant peu adaptés à la nouvelle demande et à la diversification du secteur.
Avec notre envoyée spéciale à Sidi Bouali,
Dans cette maison d’hôtes de Dar Zitouna, dans la zone sahélienne de Sidi Bouali, à une vingtaine de kilomètres de Sousse, dans le Sahel tunisien, le concept est simple : une journée piscine à une vingtaine de dinars, des menus peu chers, une ferme pédagogique et des chambres minimalistes. « On a misé sur tout ce qui est verdure et le patrimoine local, explique Safouen Farouk, expert-comptable, qui a bâti cet « écolodge ». On a essayé de garder les oliviers parce qu’on a des arbres millénaires. On a essayé de faire des maisons écologiques à base de bois. »
Lenteurs administratives
Depuis une dizaine d’années, les maisons d’hôtes se multiplient en Tunisie, mais c’est souvent le parcours du combattant pour l’ouverture. « Au départ, c’était un peu difficile, surtout au niveau administratif, témoigne-t-il. Depuis 2012, j’ai déposé beaucoup de demandes pour avoir les autorisations. Heureusement, en 2018, il y a eu un changement radical dans le concept et dans les autorisations. Donc, on est passé du changement de vocation de terre agricole à un simple accord du ministère de l’Agriculture. Ce qui a facilité beaucoup l’autorisation et l’inauguration était en 2020. »
Safouen Farouk espère que la nouvelle législation lui permettra d’augmenter sa capacité d’accueil et de servir de l’alcool, autant de demandes appuyées par la Fédération interprofessionnelle du tourisme. « Pour l’alcool, c’est tout à fait normal, estime Houssem Ben Azzouz, président de cette organisation sectorielle. Si on s’appelle hébergement alternatif touristique, on s’adresse à une clientèle nationale et internationale. C’est normal qu’il y ait des boissons alcooliques. Ce qu’on a demandé aussi, c’est peut-être augmenter un peu les capacités pour les maisons d’hôtes, au lieu d’uniquement cinq chambres, peut-être aller vers huit ou dix chambres. »
Élargir l’offre touristique
Cette nouvelle législation vient assouplir des dispositions anciennes compliquées votées en 2013 et 2017. Il y aura désormais quatre cahiers des charges, détaille ce responsable de la profession : « Un pour les maisons d’hôtes, qu’on appelle également chambres d’hôtes ici, un autre pour les gîtes ruraux, un cahier de charges pour les campings touristiques et un quatrième pour les relais touristiques, sortes de motels sur les grandes routes. »
L’objectif est d’élargir l’offre touristique pour toutes les clientèles, notamment les Tunisiens de la classe moyenne, qui ne peuvent plus se permettre un séjour à l’hôtel.
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