Sénégal: Ousmane Sonko annonce un assouplissement des règles d'importation des véhicules d'occasion

Au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé le 1er août dernier un assouplissement des règles d’importation des véhicules d’occasion : la limite d’âge passe désormais de huit à dix ans pour les voitures particulières. Une décision destinée à rendre l’automobile plus accessible pour les ménages.

Chaque semaine, des centaines de véhicules arrivent au port de Dakar en provenance d’Europe, des États-Unis ou encore d’Asie. « Les véhicules sont débarqués, d’autres viennent en groupage par containers », raconte Badou Mbengue, transitaire au port depuis plus de 35 ans.

Ce passage à 10 ans pour la limite d’âge des voitures importées est une bonne nouvelle pour les transitaires, qui s’attendent à voir le volume d’importation augmenter. C’est le cas pour les acheteurs aussi, avec la perspective de voitures plus anciennes, donc moins chères et des taxes réduites.

« Notre modèle de dédouanement, c’est la valeur Argus [cote de référence des véhicules d’occasion, NDLR]. Et s’il s’agit des États-Unis et de l’Asie, c’est la valeur KBB. Ça va impacter sur le dédouanement. Avoir un véhicule de 2017 et un véhicule de 2024, c’est différent. Les droits de taxe sont plus ou moins très faibles par rapport à un véhicule de 2024 », détaille Badou Mbengue.


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Toute la chaîne commerciale sera impactée, depuis les exportateurs de voitures basées à l’étranger jusqu’aux revendeurs sur place.

Pollution de l’air

« Ceux qui exportent les voitures, peut-être que ça va les arranger, mais pas les gars qui ont les parkings », rapporte Mamadou Thioune, lui aussi transitaire. « Les concessionnaires ici s’inquiètent parce qu’ils ont leur stock qui est là et qui ne bouge pas depuis la crise économique au Sénégal », renchérit son collègue.

La limite était avant à cinq ans, mais était passée à huit ans sous Macky Sall. Pour le professeur Adams Tidjani, directeur de l’école des métiers de l’environnement et de la métrologie, reculer jusqu’à 10 ans est un non-sens dans une grande capitale déjà très polluée comme Dakar. « Le fait d’augmenter l’âge d’importation des véhicules veut dire qu’on va déverser plus de véhicules au Sénégal et tout le monde sait que le transport aujourd’hui est l’un des principaux secteurs responsables des émissions de gaz à effet de serre. Vous allez augmenter la pollution de l’air. Cette pollution de l’air va entraîner la recrudescence de certaines maladies pulmonaires, cardiovasculaires… », craint l’environnementaliste.

L’expert prévoit aussi une augmentation des embouteillages, déjà quotidiens dans la capitale. « D’après Réussir business, on dit que les embouteillages coûtent à l’état du Sénégal à peu près 200 milliards par année. Et ensuite, cerise sur le gâteau, le Sénégal a pris des engagements par rapport aux accords de Paris pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre dus au secteur du transport – c’est la raison pour laquelle on avait mis en place le BRT [Bus Rapid transit, NDLR] et le TER [Train express régional, NDLR]. » Les poids lourds importés, eux, verront leur âge limite passer de 10 à 15 ans.

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