Une personne sur quatre n'a pas accès à une eau sûre dans le monde

Le monde s’était donné pour objectif de garantir un accès à l’eau potable à l’intégralité de la population d’ici 2030. À cinq ans de l’échéance, on est toujours loin du compte. C’est ce que souligne un rapport d’étape de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Unicef : plus de 2 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité. Pourtant, quelques progrès ont été enregistrés.
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En dix ans, 961 millions de personnes supplémentaires ont obtenu l’accès à une eau sûre. Des progrès réalisés essentiellement dans les zones rurales, où le taux de couverture est passé de 50 à 60%. Pour autant, plus d’une personne sur quatre dans le monde ne bénéficie pas d’un accès à une eau gérée en toute sécurité. Elles n’ont pas d’eau qui soit disponible sur place et qui soit exempte de contamination fécale ou chimique. Certaines personnes doivent se déplacer sur des distances plus ou moins longues pour en obtenir.
Dans le monde, 1,4 milliards de personnes ont un accès à une eau améliorée à moins de 30 minutes de chez elles, tandis que 287 millions doivent se montrer encore plus patientes pour s’approvisionner. Plus de 300 millions de personnes n’ont accès qu’à une eau non traitée ou non protégée. En outre, 106 millions de personnes dépendent encore d’eau de surface, qu’elles vont chercher à la rivière ou dans les lacs. Une quête qui peut encore être compliquée par les effets du réchauffement climatique.
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Des inégalités nettes entre les continents et au sein même de certains pays
L’accès à l’eau est très inégal. Il y est plus limité en Asie du Sud-Est, en Amérique centrale et en Afrique. Sur ce dernier continent, seuls deux pays, pour lesquels on dispose de données, proposent un service sûr d’eau potable à plus des trois quarts de la population : le Maroc et l’Égypte. Des inégalités se manifestent aussi à l’intérieur de certains pays, entre les villes et la brousse par exemple.
L’OMS et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) préviennent que les progrès au niveau mondial sont insuffisants. Il faudrait aller huit fois plus vite pour atteindre l’objectif d’un accès universel à l’eau potable en 2030.
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Le manque de services d’assainissement en lien dans l’augmentation des épidémies de choléra
Dans leur étude, l’OMS et l’Unicef ont analysé l’accès à d’autres services comme l’assainissement. Les services d’assainissement sont définis comme des installations améliorées qui ne sont pas partagées avec d’autres ménages et où les excréments sont éliminés sur place ou transportés afin d’être traités ailleurs. En dix ans, 1,2 milliards de personnes ont gagné un accès à des services d’assainissement. La couverture est passée de 48 à 58%. Le nombre de personnes déféquant à l’air libre s’est réduit. Il en restait néanmoins 354 millions dans le monde en 2024.
Or, l’OMS et l’Unicef soulignent que le manque de service d’eau potable, d’assainissement et d’hygiène expose des milliards de personnes à un risque accru de maladies. « Dans plusieurs endroits en Afrique ces dernières années, il y a eu une augmentation des épidémies de choléra », explique à RFI Tom Slaymaker, conseiller principal au pôle statistiques de l’Unicef et co-directeur du Programme de suivi conjoint de l’OMS et de l’Unicef.
« Les pays où il y a le plus de cas sont presque toujours ceux où il y a un très faible accès aux services d’eau potable de base. Par exemple, la RDC est dans le top 3 mondial en termes de cas de choléra. C’est aussi le pays d’Afrique avec la plus faible couverture d’accès basique à l’eau potable et à l’assainissement », illustre-t-il. Au-delà, des problèmes d’assainissement des eaux usées des ménages, les pollutions proviennent parfois d’« une industrialisation rapide et de l’agriculture », poursuit Tom Slaymaker.
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