Cameroun: le gouvernement veut rassurer sur la réussite du recensement dans les zones en crise

Au Cameroun, le recensement lancé le 24 février doit se poursuivre jusqu’au 29 mai. Objectif : rendre disponibles les données sociodémographiques, agropastorales et aquacoles nécessaires à la planification du développement. Ce recensement – le 4e depuis 1976 – est unique puisqu’il englobe à la fois population, habitats, mais aussi agriculture et élevage. Une question est toutefois revenue ce 29 avril lors de la conférence de presse du gouvernement : comment se fera-t-il dans les zones en crise, à l’instar de l’Extrême-Nord ou encore des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ?
Publié le :
2 min Temps de lecture
Avec notre correspondant à Yaoundé, Richard Onanena
René Sadi, le ministre de la Communication du Cameroun, le reconnaît : « Il y a des zones où les problèmes de sécurité sont à prendre en compte. » Mais un dispositif a été mis en place pour encadrer les agents chargés de faire le recensement, rappelle-t-il : « Il y a toute une organisation qui sera mise en place sous l’autorité des préfets et sous-préfets et les forces de maintien de l’ordre pour accompagner ceux qui seront chargés de faire les recensements. »
Au cas où cela s’avérerait compliqué, le gouvernement prévoit de recourir à une technique hybride, fiable et approuvée à l’international, selon le Dr Esther Christelle Eyenga, cheffe du département des recensements du Bureau central des recensements : « Nous recensons sur la base des imageries satellitaires. Nous avions déjà fait un test au niveau de certains arrondissements à risque sécuritaire. Ces résultats sont assez satisfaisants. »
Certains recensements remontent à plusieurs décennies
Depuis le début du processus, plusieurs sources mentionnent des incidents pour le moment jugés mineurs, impliquant des agents recenseurs dans des zones en crise. Malgré cela, le Dr Taïga, ministre de l’Élevage, appelle les populations, même celles des zones à risques, à adhérer à l’initiative : « Une adhésion des populations pour que, effectivement, les chiffres qui sortent de ce recensement soient des chiffres fiables et permettant au gouvernement de faire des planifications appropriées. »
Le dernier recensement des populations date de 2005, mais celui de l’agriculture remonte à 1984 et celui lié à l’élevage à 1976.
À lire aussiCameroun: début d’un nouveau recensement général, plus de 20 ans après le dernier



