Tunisie: Hausse des salaires – Loin des 7 % espérés, ce que vous allez réellement gagner en 2026

L’universitaire et économiste Moez Soussi a dévoilé, ce mercredi, les grandes lignes des augmentations de salaires attendues pour l’année en cours. Entre impératifs budgétaires et attentes sociales, le curseur semble désormais fixé.
Intervenant à la radio, l’universitaire a tracé les contours d’une année sociale décisive. Selon ses analyses, le secteur public devrait bénéficier d’une revalorisation de l’ordre de 4 %, un chiffre calculé en stricte conformité avec les crédits déjà sanctuarisés dans le budget de l’État. En revanche, le secteur privé pourrait connaître une dynamique légèrement plus favorable avec des hausses oscillant entre 5 % et 6 %.
Cette disparité s’explique, selon l’expert, par une structure de rémunération plus étroitement liée aux indicateurs de productivité et aux paliers de risques spécifiques aux entreprises privées.
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Pour absorber le choc financier de ces mesures, le gouvernement a anticipé les besoins dès la conception de la Loi de finances 2026. Une enveloppe de 1 000 millions de dinars a été provisionnée sous la rubrique des « dépenses imprévues ». Ce fonds de réserve est exclusivement destiné à éponger le coût de la révision de la grille salariale sans déséquilibrer davantage les comptes publics.
Le calendrier de ces annonces semble désormais se préciser. L’officialisation de ces augmentations pourrait intervenir symboliquement lors de la Fête du Travail, le 1er mai prochain. Cette échéance s’inscrit dans la volonté du Chef de l’État de réaffirmer la doctrine sociale de la Tunisie. Sur le plan pratique, les salariés ne seront pas lésés par l’attente puisque les augmentations seront assorties d’un effet rétroactif au 1er janvier 2026. Les premiers versements, incluant ces rappels, devraient ainsi figurer sur les fiches de paie du mois de mai.
Toutefois, l’exercice reste un numéro d’équilibriste complexe pour les finances publiques. Avec une masse salariale qui culmine déjà à 25 267 millions de dinars, l’État consacre près de 40 % de ses dépenses globales à la rémunération de ses agents. Malgré cette pression budgétaire accentuée par l’envolée des coûts des hydrocarbures, Moez Soussi tempère l’enthousiasme général. Il rappelle que si l’effort de l’État est réel, il reste en deçà des 7 % espérés par les citoyens pour compenser la perte de pouvoir d’achat accumulée face à une inflation persistante.



