EN DIRECT – Mali: la junte confirme la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara, et annonce un deuil de deux jours

Inquiétude de la diaspora malienne au Sénégal

Au Sénégal, la diaspora malienne suit heure par heure l’évolution des attaques en cours au pays. À Kati, ville à une quinzaine de km de Bamako, l’attaque qui a conduit à la mort du ministre malien de la Défense Sadio Camara accentue le sentiment d’une situation de plus en plus hors de contrôle. Cela plonge Sekou, étudiant malien à Dakar, dans l’impuissance et l’angoisse. Il l’a confié à notre correspondante au Sénégal Pauline Le Troquier.

Silence inquiétant des autorités maliennnes

L’inquiétude régnait au soir de ce dimanche 26 avril parmi la population à Bamako. Au lendemain des attaques menées conjointement par les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et par le front de libération de l’Azawad (FLA) dans plusieurs villes du pays, la junte n’est pas décapitée, mais elle est très affaiblie, explique notre correspondant régional, Serge Daniel.

À l’image du chef de la junte, le général Assimi Goïta, qui a été exfiltré de la ville de Kati vers un lieu sécurisé, le pouvoir est resté silencieux. Pas de nouvelles du président du Conseil national de transition, Malick Diaw, une autre figure importante de la junte. Il serait à Bamako, mais il n’a pas pris la parole. Silence inquiétant de ceux qui gouvernaient il y a encore trois jours, comme le décrit, à Amélie Tulet de RFI, Jean Hervé Jezequel, directeur du Projet Sahel de l’organisation International Crisis Group.

Les autorités civiles officielles quittent également Kidal entièrement aux mains des jihadistes et de la rébellion touareg

Après le départ des mercenaires russes de L’Africa corps et des forces armées maliennes de Kidal, au nord du pays, les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) contrôlent entièrement la ville. Selon les informations de RFI, les autorités civiles officielles de Kidal ont également plié bagages et le drapeau national ne flotte plus dans le ciel de cette ville.

Une vue de Kidal, intégralement contrôlée ce 26 avril 2026 par les rebelles touaregs du FLA et les jihadistes du Jnim (Photo d’illustration). © RFI Fulfulde

Situation précaire à Gao destination des mercenaires russes et militaires maliens partis de Kidal

À Gao, principale ville du nord du Mali vers laquelle s’est dirigé le convoi de l’Africa Corps et des Forces armées maliennes sorti de Kidal, un calme précaire semblait régner, selon notre correspondant régional, Serge Daniel. Des témoins ont vu des drones aux alentours de la ville. Pas de réponse toutefois pour le moment à la question : à qui appartiennent ces drones. Il n’y a pas eu de combats ce dimanche à Gao.

Au centre du pays, à Sévaré, ville attaquées la veille, des rebelles armés ont été aperçus, notamment au nord de la ville, sur la route principale. Là-aussi un calme précaire régnait.

Les Russes de l’Africa corps et les militaires maliens ayant quitté Kidal ont pris la direction de Gao

D’intenses négociations ont eu lieu pour le départ de la ville de Kidal, au nord du Mali, des forces russes de l’Africa corps. Selon les sources de RFI, on connait ce dimanche soir la destination qu’ils ont emprunté. N’ayant pas la possibilité de se rendre en Algérie, ils ont pris la direction de Gao, située au sud de Kidal, sur l’axe principal en direction de Bamako. Un retrait qui s’effectue aux côtés des forces armées maliennes.

Le chef du renseignement malien blessé à Kati

Notre correspondant régional Serge Daniel, fournit plus de précisions sur l’un des généraux de la junte bessé à Kati, la ville garnison proche de Bamako, lors des attaques du 25 avril. Il s’agit du chef du renseignement Modibo Koné. Ce général qui dirige l’Agence malienne de sécurité de l’État a été atteint de plusieurs balles et soigné à Bamako.

Tirs à Kati et Sévaré, niveau d’alerte renforcé par l’armée dans le pays

Ce dimanche dans la ville garnison de Kati, près de Bamako, où vit l’état-major de la junte prise pour cible samedi 25 avril, les tirs entendus depuis la matinée se sont provisoirement calmés. Des tirs entendus, par ailleurs, dans la ville de Sévaré, au centre du pays, où les jihadistes du groupe de soutien à l’islam et au musulmans (Jnim) et le Front de libération de l’Azawad (FLA) affirmaient tenir la moitié de la ville, face aux Forces armées maliennes. Les Fama qui ont affirmé dans un communiqué que « les niveaux d’alerte avaient été relevés dans tout le pays, des couvre-feux instaurés, des patrouilles de grande envergure intensifiées et des poins de contrôle renforcés pour assurer une surveillance accrue face à la menace ».

Les forces armées maliennes et les Russes de l’Africa corps quittent Kidal

Selon notre correspondant régional Serge Daniel, les éléments russes d’Africa corps et les Forces armées maliennnes qui étaient retranchés, à Kidal au nord du pays, dans un camp qui avait abrité l’ancienne base de la Mission de l’ONU, la Minusma, quittent la ville en ce moment-même. Une sortie qui s’effectue après une phase de regroupement. Les Fama et les éléments russes ont mis le feu au camp avant de partir.

La population de la capitale toujours dans l’inquiétude

À Bamako, les populations sont toujours dans la peur et l’incertitude. Au vu des circonstances un couvre-feu a été instauré le soir du samedi 25 avril dans la capitale malienne de 21h à 6h pendant trois jours. Témoignage d’un habitant de la capitale, joint par la rédaction mandenkan fulfulde de RFI. 

Le chef de la junte exfiltré après l’attaque de Kati du 25 avril qui a visé son domicile

Le général Assimi Goïta, a été exfiltré de Kati, la ville garnison proche de Bamako, après l’attaque de samedi 25 avril. Il est dans un endroit « sûr », selon son entourage. Il a été mis sous protection dans un camp de commandos, explique notre correspondant régional, Serge Daniel, qui précise aussi qu’un autre membre de la junte, l’un des cinq qui ont pris le pouvoir a lui été blessé. Il a reçu deux balles dans le corps lors des attaques. Des balles qui lui ont été extraites, cette nuit, dans une clinique huppée de Bamako. Un dispositif de sécurité assez impressionnant a été déployé autour de cette clinique.

Une des épouses du ministre de la Défense, Sadio Camara, également tuée, confirme sa famille

Le ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara, a vu son domicile attaqué par un camion kamikaze ce 25 avril. Un membre de sa famille confirme son décès de même qu’une source militaire. Une de ses épouses est également décédée dans cette attaque de même que deux petits enfants qui se trouvaient chez lui. D’autres civils ont également perdu la vie dans cette attaque.

La Cédéao condamne les attaques de samedi

L’Union européenne «condamne fermement les attaques terroristes» de samedi

L’Union européenne (UE) « condamne fermement les attaques terroristes » perpétrées samedi au Mali et exprime sa solidarité avec le peuple malien, dans un communiqué diffusé dimanche par les services de sa cheffe de la diplomatie, Kaja Kallas.

« Nous réaffirmons notre détermination dans la lutte contre le terrorisme, ainsi que notre engagement en faveur de la paix, la sécurité et la stabilité au Mali et dans l’ensemble du Sahel », ajoute l’UE, au lendemain de multiples attaques contre des positions de l’armée malienne par des groupes jihadistes et rebelles touareg.

Les rebelles touareg annoncent un accord avec les Russes pour leur retrait de Kidal

Les rebelles touareg ont déclaré dimanche avoir conclu un « accord » permettant aux soldats russes de l’Africa Corps de se retirer de la ville de Kidal, dans le nord du Mali, qu’ils disent « désormais » contrôler « totalement ».

Les combats ont repris dimanche dans la ville de Kidal entre la rébellion touareg appuyée par les jihadistes du Jnim, affiliés à al-Qaïda, contre l’armée malienne soutenue par des mercenaires russes. Mais les coups de feu ont cessé parce qu’après la médiation d’un pays voisin du Mali, les Russes ont décidé, avec l’ordre du Kremlin visiblement, de quitter leur position de Kidal, explique notre correspondant régional, Serge Daniel.

Les mercenaires russes de « Africa Corps sort(ent) du Camp 2 de Kidal sous bonne escorte de nos forces armées », a confirmé la rébellion touareg sur Facebook. Un habitant de Kidal a déclaré dimanche à l’AFP avoir « vu un convoi militaire partir », tout en précisant ignorer « les détails de la situation ». « Ce sont les combattants des mouvements armés qui occupent désormais les rues » de Kidal, a-t-il ajouté.

Le ministre de la Défense Sadio Camara tué

Les groupes jihadistes ont mené samedi une attaque au camion-kamikaze contre le domicile du ministre de la Défense Sadio Camara, à Kati. Dépêché aux urgences, ce responsable n’avait plus donné de nouvelles depuis, suscitant de nombreuses rumeurs.

Ce dimanche, RFI est en mesure d’affirmer que ce dernier a été tué, ainsi que trois proches et dix-sept autres personnes, confirmant les premières informations de Jeune Afrique et du Figaro.

Reprise des combats à Kati, fief de la junte près de la capitale Bamako

Les combats ont repris dimanche entre les jihadistes et l’armée à Kati, près de Bamako, fief de la junte qui dirige le Mali, a appris l’AFP auprès d’habitants.

La ville-garnison de Kati fait partie de celles attaquées samedi par les jihadistes du Jnim, alliés à al-Qaïda, et les rebelles touareg du FLA. « Les combats (y) ont repris (dans la matinée) un peu partout. Les jihadistes sont vers la colline » au-dessus de la ville, a déclaré à l’AFP un résident de la ville. « L’aviation est aussi entrée dans la danse », a affirmé un autre.

Le chef de l’ONU condamne les attaques au Mali et appelle à une réponse «internationale coordonnée»

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a condamné « l’extrémisme violent » après des attaques au Mali contre l’armée dans le pays dirigé par une junte, revendiquées par des jihadistes et des rebelles touareg.

« Le secrétaire général est profondément préoccupé par les informations faisant état d’attaques en plusieurs endroits au Mali », a déclaré le porte-parole d’Antonio Guterres dans un communiqué samedi.

« Le secrétaire général appelle à un soutien international coordonné pour faire face à la menace évolutive de l’extrémisme violent et du terrorisme au Sahel et pour répondre aux besoins humanitaires urgents », a-t-il ajouté.

Reprise des combats à Kidal entre les insurgés touareg et jihadistes contre l’armée appuyée par des Russes

Les combats ont repris dimanche dans la ville de Kidal, dans le nord du Mali, entre la rébellion touareg appuyée par les jihadistes d’al-Qaïda contre l’armée malienne soutenue par des mercenaires russes, a appris l’AFP auprès de la rébellion touareg et d’un élu local.

Le FLA, groupe séparatiste réclamant le territoire de l’Azawad dans le nord du Mali, a annoncé samedi contrôler Kidal après des affrontements. « Les combats ont repris à Kidal ce (dimanche) matin. Nous voulons déloger les derniers combattants russes qui se sont réfugiés dans un camp », a dit à l’AFP un porte-parole des rebelles touareg, dont l’information a été confirmée par un élu dans cette zone du nord du Mali.

Bonjour à toutes et à tous

Bienvenue dans ce direct consacré aux attaques coordonnées survenues samedi 25 avril contre plusieurs villes au Mali, ce dimanche 26 avril 2026. Si vous avez manqué les événements de la veille, vous pouvez retrouver l’historique complet dans notre direct précédent.

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