Cote d'Ivoire: Éléphantes – Kreto Priscille, l'itinéraire d'une joueuse sans frontière

Les Éléphantes de Côte d’Ivoire ont remporté leur premier tournoi international au terme de la première édition des Fifa Series où elles ont brillamment défendu les couleurs du pays. Trois victoires en autant de sorties avec 25 buts inscrits contre un seul encaissé.
Dans ce festival de buts, Kreto Priscille a inscrit, à elle seule, huit buts. Une performance qui fait d’elle, la meilleure buteuse de ce tournoi. Portant ainsi à 16, le nombre de buts inscrit par la joueuse de Biik-Shymkent du Kazakhstan, en sélection.
« Je suis vraiment heureuse d’avoir fait une telle performance. C’est une fierté pour moi d’avoir réalisé un tel parcours… J’espère maintenir le cap jusqu’à la Can », a souhaité l’athlète de 28 ans, au soir du 16 avril marquant la fin des Fifa Series. Le trophée remporté avec les Éléphantes est le premier en sélection national et le 2e de sa carrière.
Une machine à buts !
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L’un des tournants de sa carrière, c’est le Tout-Puissant Mazembé. En République démocratique du Congo, elle signe son premier contrat professionnel. Deux saisons pleines et tonitruantes. Trente-cinq buts lors de la première, trente-sept, la suivante.
Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes. Elle détrône la meilleure buteuse du club et s’impose comme une pièce maîtresse de l’effectif. En 2024, elle remporte la Ligue des champions féminine africaine avec le club congolais. Une consécration continentale qui change tout.
Les sollicitations affluent
Maroc, Tunisie… Mais Kreto Priscille choisit une destination moins attendue : le Kazakhstan. Un pari audacieux. Le WFC Biik-Shymkent lui offre une exposition nouvelle, notamment sur la scène européenne. « Je voulais une autre expérience, un autre défi », explique-t-elle.
À peine arrivée, elle confirme : 13 buts en huit matches lors de la phase retour du championnat. Une adaptation express, preuve que le talent voyage bien.
Son championnat débute en avril, mais l’Ivoirienne ne laisse rien au hasard. Stages de préparation, travail individuel, rigueur quotidienne : la Can se prépare dès maintenant. Car l’enjeu dépasse la simple participation. Pour la Côte d’Ivoire, il s’agit de prouver que le retour n’est pas un accident. Pour Kreto, c’est l’occasion d’inscrire son nom dans une histoire plus grande qu’elle.
Derrière la compétitrice, il y a aussi une jeune femme lucide. Bachelière série D, elle pense déjà à l’après-football. Manager d’équipe ou entraîneuse : elle hésite encore, mais sait qu’elle restera dans l’univers du sport. « Le football m’a tout donné. Je veux, à mon tour, transmettre », confie-t-elle. Une projection rare à un âge où beaucoup ne vivent que dans l’instant.
Ses ambitions, elles, ne connaissent pas de frontières. Elle rêve d’un titre continental avec les Éléphantes. Elle vise également les sommets européens, évoquant sans détour le FC Barcelone ou le Paris Saint-Germain. Non pas comme des fantasmes, mais comme des étapes possibles. « Je vais étape par étape », répète-t-elle, fidèle à sa méthode.
Sa vie personnelle, elle, la protège avec la même discipline que son jeu. En couple avec un footballeur, elle compose avec la distance et les calendriers chargés. « La communication et la confiance sont essentielles », glisse-t-elle. Les sacrifices font partie du métier. Les enfants attendront. Pour l’heure, c’est le ballon qui dicte le tempo.
Dans un pays où le football féminin cherche encore toute sa reconnaissance, Kreto Priscille avance comme un symbole. Celui d’une génération qui refuse la résignation. Celui d’un talent qui s’exporte et s’affirme. Celui, surtout, d’une Éléphante qui ne veut plus marcher dans l’ombre.
La Can 2026 sera peut-être un tournant. Ou une étape de plus. Mais une chose est sûre : Kreto Priscille n’ y ira pas pour apprendre. Elle y ira pour marquer.



