Ile Maurice: Un plan de restriction en préparation

Face à une sécheresse sévère qui menace les ressources en eau, un plan de restriction du ministère de l’Énergie et des services publics, de la Water Resources Commission et de la Central Water Authority (CWA) est en préparation. Il sera soumis au Conseil des ministres dans les prochains jours, afin d’expliquer les mesures envisagées et de garantir le minimum vital à la population.
L’année dernière, à la même période, le taux de remplissage moyen des réservoirs était d’environ 95 %, et pour le réservoir de Mare-aux-Vacoas, le plus grand du pays, entre 85 % et 90 %.
Aujourd’hui, le déficit est estimé entre 30 % et 40 %, représentant environ 10 à 12 millions de mètres cube de stock. Il existe cependant un équilibre entre les entrées et les sorties d’eau. Ce déficit doit également être mis en regard de la capacité utile du réservoir, qui est d’environ 14 millions de mètres cube, un volume stratégique représentant un approvisionnement de quatre à six mois.
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Sur le plan pluviométrique, la situation est également déficitaire. Dans la région de Mare-aux- Vacoas, entre novembre et hier, entre 1200 et 1300 mm de pluie étaient attendus, mais seulement 400 à 500 mm ont été enregistrés, soit environ 35 % des précipitations attendues. En conséquence, le niveau du réservoir a chuté de manière significative, atteignant environ 50 % de sa capacité, soit près de la moitié de ce qu’il devrait contenir à cette période de l’année.
C’est dans ce contexte que le ministre de l’Énergie et des Services publics, Patrick Assirvaden, s’est rendu sur place hier, accompagné de techniciens de la Water Resources Commission et de la CWA, afin de constater la situation sur le terrain et de sensibiliser les différents acteurs, dont les planteurs.«L’évaluation est critique. Nous voyons l’étendue de la sécheresse. Le changement climatique touche le pays comme tous les autres», a déclaré le ministre lors de la visite.
Selon Patrick Assirvaden, la tendance actuelle impose des mesures urgentes. «Il ne peut pas y avoir de business as usual alors que le plus grand réservoir du pays est dans cet état. Ce serait irresponsable de ma part.» Il avertit que «si la distribution reste inchangée, nous pourrions nous retrouver mi-juin ou fin juin avec un niveau proche de 22 % à 23 %.À ce stade, il deviendra impossible de pomper l’eau à cause des dépôts de boue».
Le ministre insiste sur l’urgence de ralentir la baisse des niveaux des réservoirs afin de préserver au maximum les ressources en eau. «Ce n’est pas seulement Mare- aux-Vacoas, d’autres réservoirs sont également touchés, mais ici l’impact est plus visible.»
Patrick Assirvaden rappelle que l’absence de pluie affecte également les nappes phréatiques et les rivières, dont plusieurs sont déjà à sec, compliquant les opérations de pompage.Si des solutions structurelles existent, comme le Plan Marshall, elles s’inscrivent dans le long terme. Au vu de la situation, «il faut agir immédiatement».



