En Angola, Léon XIV fustige les «catastrophes» liées à l'exploitation des ressources

Arrivé ce samedi après-midi 18 avril en Angola, le pape Léon XIV a été acclamé par une foule immense et a rapidement donné le ton de sa visite, entre appels à la paix et critiques du modèle extractiviste. Une première journée intense, également marquée par une rencontre avec le président João Lourenço.
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L’avion de Léon XIV est arrivé en Angola vers 14h45, heure locale. Le pape a été accueilli à l’aéroport international 4 de Fevereiro, à Luanda, par le chef d’État angolais, João Lourenço, ainsi que par les autorités religieuses du pays. Quarante-cinq minutes plus tard, il a quitté l’aéroport et a été salué par une foule en délire, qui attendait ce moment depuis des heures sous un soleil accablant, rapporte notre envoyée spéciale à Luanda, Cristiana Soares.

Léon XIV a ensuite traversé les principales artères de la ville, entre l’aéroport et la présidence de la République, où il a eu un entretien privé avec João Lourenço. Il a ensuite pris la parole devant les autorités, les diplomates et la société civile. S’exprimant en portugais, le chef de l’Église catholique a estimé que l’Angola « possède des trésors qui ne peuvent être ni vendus, ni volés ».
« Votre peuple a souffert chaque fois que cette harmonie a été violée par l’arrogance de certains. Il porte les cicatrices tant de l’exploitation matérielle que de la prétention d’imposer une idée aux autres », a-t-il insisté.
Le pape dénonce les « catastrophes sociales et environnementales » liées à une « logique d’exploitation »
Le pape a critiqué les États extractivistes, dont fait partie l’Angola, et s’est interrogé sur le nombre de morts et de catastrophes sociales et environnementales encore nécessaires pour changer de cap.
« J’ai évoqué les richesses matérielles sur lesquelles des intérêts puissants mettent la main, y compris dans votre pays. Combien de souffrances, combien de morts, combien de catastrophes sociales et environnementales sont engendrées par cette logique d’exploitation ! », a-t-il lancé lors de son premier discours devant les autorités au palais présidentiel de Luanda. « Nous voyons désormais, partout dans le monde, comment elle alimente un modèle de développement qui discrimine et exclut, mais qui prétend encore s’imposer comme le seul possible », a-t-il ajouté.

« N’ayez pas peur de la dissidence », dit le pape Léon XIV aux autorités angolaises
L’Angola, riche en pétrole et en minerais, est marquée par de profondes inégalités, et environ un tiers de la population vit sous le seuil international de pauvreté (2,15 dollars par jour). Sur un ton direct, Léon XIV a également enjoint les autorités de ne pas « avoir peur de la dissidence », dans un pays à la population très jeune, dominé par le même parti au pouvoir depuis l’indépendance en 1975.
« L’Angola peut grandir considérablement, si avant tout, vous, qui avez autorité dans le pays, croyez en la diversité de sa richesse », a-t-il affirmé. « N’ayez pas peur de la dissidence, n’étouffez pas les visions des jeunes et les rêves des anciens », a-t-il encore ajouté, les invitant à « faire passer le bien commun avant celui de votre camp ».
Le pape a également souligné l’urgence pour l’Afrique de dépasser les situations de conflit.
« L’Afrique a un besoin urgent de surmonter les situations et les phénomènes de conflit et d’hostilité qui déchirent le tissu social et politique de tant de pays, alimentant la pauvreté et l’exclusion », a-t-il estimé.
De son côté, le président angolais a davantage évoqué la politique étrangère que la politique intérieure, notamment la résolution des crises par le dialogue. Il a appelé à la fin de la guerre au Moyen-Orient et rappelé que, dans les relations internationales, la justice et le respect doivent prévaloir.
L’agenda du pape pour ce samedi se termine par une réunion privée avec les membres de l’Église en Angola.
Ce dimanche, une messe en plein air est prévue à Kilamba, dans les environs de Luanda, suivie d’un chapelet en fin d’après-midi au sanctuaire de Muxima, une référence dans le pays.
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