Au début de sa visite en Algérie, Léon XIV appelle au «pardon»

Le pape Léon XIV est à Alger, une visite hautement symbolique puisque c’est la première d’un souverain pontife dans ce pays à majorité musulmane, terre natale de Saint-Augustin, l’un des plus grands penseurs chrétiens. Aussitôt arrivé, le pape a rendu hommage aux victimes algériennes de la guerre contre la France au monument des martyrs de l’indépendance. Il a dit sa joie d’être en Algérie, un pays avec lequel ses liens sont forts. Il a achevé cette première journée par une visite à la basilique Notre Dame d’Afrique, sur les hauteurs d’Alger, pour une rencontre qui a rassemblé les chrétiens et les musulmans.
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Devant ce mémorial du Martyr, symbole des luttes pour l’indépendance de l’Algérie, le pape a été salué par le cardinal Vesco, l’archevêque d’Alger, avant de prononcer ses premiers mots de salutation en terre algérienne, rapporte Éric Sénanque, notre envoyé spécial à Alger.
Mes chers frères et mes chères sœurs d’Algérie, je remercie Dieu de me donner l’opportunité de visiter votre pays en tant que pape. Bien que je sois déjà venu ici deux fois en tant que supérieur de l’ordre de Saint-Augustin, je me présente face à vous d’abord comme un frère qui est heureux de pouvoir rétablir à travers cette visite, les liens d’affection qui rapprochent nos cœurs.
Le pape Léon XIV sur l’importance de venir en Algérie
« Me trouver devant ce monument est un hommage à cette histoire de l’Algérie et à l’âme d’un peuple qui s’est battu pour l’indépendance, la dignité et la souveraineté de cette nation », a dit le souverain pontife. « Je veux rappeler ici que Dieu désire la paix pour toutes les nations, une paix qui ne peut être trouvée dans le conflit. Elle doit être une expression de justice et de dignité. Cette paix qui ne peut s’entrevoir à l’avenir qu’à travers la réconciliation ne sera possible qu’avec le pardon. La véritable lutte pour la libération sera remportée que lorsque la paix des cœurs aura été conquise. »
« Je sais à quel point il est dur de pardonner »
« Je sais à quel point il est dur de pardonner, mais les conflits se multiplient à travers le monde, génération après génération. Le futur appartient aux femmes et aux hommes de paix », a-t-il poursuivi. « Le futur appartient aux femmes et aux hommes de paix. En fin de compte, la justice triomphera toujours. La violence n’aura jamais le dernier mot sur cette terre. »

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Au pied de ce monument de béton qui se dresse sur une colline d’Alger, des centaines de chaises ont été disposées, occupées essentiellement par des jeunes, beaucoup d’étudiants invités par leur université ou plusieurs ministères comme celui de la Culture. La pluie qui est tombée sur la capitale algérienne n’a pas dissuadé ces nombreux jeunes de venir découvrir le pape Léon XIV.
Quelques chrétiens sont présents dans la foule. Une première étape placée sous très haute sécurité. Des drones volent dans le ciel. Des snipers sont visibles également sur les toits des immeubles avoisinants. Le pape, après ce premier rendez-vous, a pris la direction de la Grande mosquée d’Alger.

Après la Grande mosquée, le pape Léon XIV rencontre le président algérien Abdelmadjid Tebboune.
La paix et le dialogue ont été le fil rouge de sa journée. C’est ce qu’a répété Léon XIV, à la mi-journée, devant les autorités civiles algériennes et le corps diplomatique, après un discours du président algérien Tebboune, dans lequel celui-ci a rappelé que le Pape était « la voix la plus convaincante en faveur de la paix dans le monde ». Aujourd’hui, Léon XIV a fait part de sa « profonde gratitude » d’avoir été invité à visiter l’Algérie au début de son pontificat. « Nous sommes frères et sœurs… Le profond sens religieux du peuple algérien est le secret d’une culture de la rencontre et de la réconciliation », a expliqué Léon XIV, avant d’ajouter « Dans un monde plein de conflits et d’incompréhensions, rencontrons-nous et essayons de nous comprendre, en reconnaissant que nous formons tous une seule famille ! »

Léon XIV se rend aussi à la Maison de l’accueil et de l’amitié située dans le quartier populaire de Bab El Oued. Une maison tenue par des religieuses augustiniennes, la même famille religieuse que le souverain pontife.
Une visite à la basilique Notre-Dame d’Afrique rassemble chrétiens et musulmans
Le pape a achevé cette première journée, très dense, par une visite à la basilique Notre-Dame d’Afrique, sur les hauteurs d’Alger, pour une rencontre qui a rassemblé les chrétiens et les musulmans.

Cette basilique qui domine Alger et qui est aussi un lieu symbole du dialogue entre les deux religions. Chrétiens comme musulmans y viennent vénérer la Vierge qui y est abritée. C’est « un lieu où la communion entre chrétiens et musulmans se construit », a rappelé Léon XIV.
Plusieurs témoignages ont eu lieu, de catholiques et de musulmans qui viennent tous trouver la paix dans cette église. Le chef de l’Église catholique qui a axé son discours – prononcé en français – sur « l’engagement à promouvoir la paix et l’unité », rappelant la devise de ce voyage apostolique en Algérie : « La paix soit avec vous. »
Rencontrée par notre envoyé spécial à Alger dans le quartier, Célinda, professeure de peinture, se réjouit de la venue d’un pape pour la première fois dans son pays.
J’espère que ça apportera beaucoup plus de paix, de sérénité à notre pays et à nos deux religions.
Célinda, professeure de peinture à Bab El Oued
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