Ile Maurice: Le Royaume-Uni suspend son projet de restitution des Chagos à Maurice faute du soutien des États-Unis
C’est un dossier historique et hautement sensible qui est mis sur pause. Le Royaume-Uni suspend la restitution des îles Chagos à l’île Maurice, faute de soutien américain. Un nouveau revers pour le gouvernement de Keir Starmer, dans un contexte de relations déjà fragiles avec Donald Trump.
S’il fallait une énième preuve des tensions entre le président américain et le Premier ministre britannique, les îles Chagos en sont une, rapporte notre correspondante à Londres, Sidonie Gaucher.
Pour comprendre, il faut revenir en arrière. L’archipel des Chagos, dans l’océan Indien, est une ancienne colonie britannique. Dans les années 1960-70, le Royaume-Uni en expulse la population locale pour permettre l’installation d’une base militaire sur l’île de Diego Garcia, aujourd’hui utilisée conjointement par Londres et Washington.
Depuis, l’île Maurice revendique la souveraineté sur cet archipel, avec le soutien de plusieurs instances internationales. En 2025, un accord est finalement signé : Londres accepte de restituer les Chagos à Maurice, tout en conservant un bail de 99 ans sur Diego Garcia, afin de maintenir la présence militaire américano-britannique.
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Revirement de Trump
Mais le contexte politique a changé et Donald Trump dénonce une « grande stupidité » et refuse de soutenir l’accord. Résultat : faute de signature étatsunienne, le projet de restitution est aujourd’hui bloqué.
« Nous continuons de penser que cet accord est la meilleure façon de protéger l’avenir à long terme de la base (militaire anglo-américaine de Diego Garcia, Ndlr), mais nous avons toujours dit que nous n’irions de l’avant que s’il bénéficie du soutien des États-Unis », a déclaré un porte-parole du Premier ministre Keir Starmer. « Diego Garcia est un atout militaire stratégique essentiel tant pour le Royaume-Uni que pour les États-Unis. Garantir sa sécurité opérationnelle à long terme est et restera notre priorité – c’est là la raison même de cet accord », a encore indiqué un porte-parole de Downing Street.
Cette base fut d’une importance stratégique considérable pour le Royaume-Uni et les États-Unis pendant la guerre froide et a joué un rôle majeur dans les deux guerres menées par les Etats-Unis en Irak (1990-1991, 2003-2011) et dans les bombardements américains en Afghanistan en 2001.


