Tunisie: condamnation de Anas Hmaidi, président de l’Association des magistrats, une «atteinte à l’État de droit»

En Tunisie, la condamnation à un an de prison du président de l’association des magistrats, Anas Hmaidi, sert d’avertissement pour les juges qui se sont mobilisés contre des décisions du pouvoir exécutif, selon les propos tenus par ses collègues, lors d’une conférence de presse, vendredi 10 avril.

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Lors de la conférence de presse de l’Association des magistrats tunisiens vendredi, le juge Anas Hmaidi était présent mais il est resté silencieux. Ce sont ses collègues qui expliquent le détail de sa condamnation.

 Aïcha Ben Belhassen, vice-présidente de l’association des magistrats tunisiens, explique que cette structure, active depuis les années 90, est le seul garant de l’indépendance judiciaire, depuis la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature, en 2022. Anas Hmaidi s’était révolté contre cette dissolution et la révocation de 57 juges par le pouvoir exécutif la même année. Il a été condamné pour atteinte à la liberté du travail. Ses collègues dénoncent un dossier politique entaché d’irrégularités.

« L’une des raisons de la condamnation d’Anas Hmaidi, c’est la documentation de l’association des magistrats tunisiens, ce sont des irrégularités flagrantes de la mainmise du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire en Tunisie », précise Aïcha Ben Belhassen.

Mohamed Ben Meftah, également magistrat, dénonce les irrégularités dans la procédure judiciaire contre son collègue: « Concernant cette procédure judiciaire, elle doit être naturelle, elle doit être ordinaire mais on crée une atmosphère inacceptable et, pour cette raison, on a des doutes concernant la procédure avec le transfert, à plein de reprises, de l’affaire d’un tribunal à un autre. »

Plusieurs ONG comme la Ligue tunisienne des droits de l’homme ou encore l’Union internationale des magistrats ont dénoncé cette condamnation comme une atteinte à l’État de droit.

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