Kenya: Le pays et la France progressent dans la mise en place d'un accord de défense
L’Assemblée nationale kényane a approuvé jeudi 9 avril la ratification d’un accord bilatéral avec la France signé en octobre 2025. Le processus de ratification formelle revient désormais à l’exécutif. L’accord établit un cadre, de cinq ans, automatiquement renouvelé une fois, pour une collaboration entre les deux pays dans plusieurs domaines clés : le partage de renseignements, la sécurité maritime, le maintien de la paix ou encore la formation et l’aide humanitaire.
Échanges d’officiers, exercices conjoints et entraînements, partage de connaissances… Selon l’accord, la coopération entre le Kenya et la France en matière de défense pourrait prendre plusieurs formes.
Pour Paris, qui a perdu du terrain dans son ancien pré carré ouest-africain, cet accord s’inscrit dans une stratégie de réorientation diplomatique vers l’Afrique anglophone. Le Kenya est un partenaire stratégique : situé aux portes de la Corne de l’Afrique et bordé par l’océan Indien.
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L’Assemblée nationale kényane approuvait également, jeudi, des accords de défense avec quatre autres pays : la République tchèque, la Chine, l’Éthiopie et le Zimbabwe. Le Kenya cherche à renforcer ses capacités, notamment en matière de sécurité maritime, explique Stephen Mogaka, spécialiste des relations internationales. L’accord avec la France s’inscrirait selon lui dans ce cadre.
Des réserves du Parlement
Les députés ont formulé des réserves sur certains articles de l’accord. Notamment en demandant des garanties sur la question de la juridiction des troupes étrangères. Le cas de la Batuk a été cité dans les échanges : cette unité de l’armée britannique stationnée au Kenya a été accusée de violations des droits humains.
Autre signe du renforcement des liens entre les deux pays : la France organise à Nairobi les 11 et 12 mai 2026 son sommet Africa-Forward, le premier de ce type en Afrique anglophone. Sur deux jours, il réunira d’abord des chefs d’entreprises de France et du continent, puis des chefs d’États et de gouvernement africains, aux côtés du président Macron.
